Léthé (L’Oiseau-Lyre)

260672-1

Léthé

Dans le fleuve d’oubli s’endorment les saisons
En pages de jouvence et vieillesse éternelles
Le silence noie les eaux des amours fidèles
On dit qu’elle est vaine la satiété des sons.

On dit que de ce fleuve d’or nul ne revient,
Nul ne se réveille quand il s’y est couché,
Quand les draps empesés du courant sont tombés
Nul ne résiste à son chant de pierre et d’airain.

La sagesse du monde s’y mire sans fin
Sans que son œil ne retrouve son visage,
On dit que de ce fleuve d’or nul ne revint :
En moi s’est éteinte aujourd’hui ton image.

En moi s’est éteinte aujourd’hui ton image,
Le silence noie les eaux des amours fidèles,
Dans le fleuve d’oubli s’endorment les sages,
Que jeunesse ni vieillesse ne réveillent

Dans le fleuve d’oubli s’endorment les raisons
Et les âmes déçues lentement s’y coulent
Quand le silence des amours s’y déroule,
On dit qu’elle est vaine la satiété des sons.

Gabrielle de Lassus Saint-Geniès, Mars 2016