L’avant-propos de l’auteur

    “Écrit entre juin 2017 et janvier 2018, L’Anglaise d’Azur est un livre mystérieux qui a surgi dans mon existence comme une vague bleutée riche d’inspiration. De la vie d’Anna Atkins peu d’archives subsistent sinon quelques lettres, quelques témoignages, ses dessins, ses planches d’herbier et ses milliers de cyanotypes dont la beauté fascine tous ceux qui les contemplent. Quand Anna Atkins rédige en 1853 les Mémoires de son père, le savant John George Children, elle conclut son ouvrage avec une pudeur de femme toute victorienne en affirmant qu’elle s’est volontairement effacée de cet ouvrage, sauf exception, afin que ses sentiments filiaux ne trahissent pas l’hommage rendu à son père bien-aimé. Plus de 150 ans après, j’ai décidé d’écrire sur sa vie en ramassant la plume qu’elle avait fait tomber quand il s’agissait d’elle et de la tremper dans l’encrier de la fiction biographique, en rendant à mon tour hommage, modestement mais passionnément, à cette fille de scientifique, à cette femme artiste et pionnière de la photographie. Si la Science a été un fil directeur non négligeable dans L’Anglaise d’Azur, c’est bien l’Art qui gouverne ce récit, en aidant à imaginer des faits réels de façon vraisemblable. J’ai pour cela moi-même réalisé plusieurs centaines de cyanotypes botaniques durant l’été 2017 afin de comprendre la démarche artistique et intellectuelle d’Anna Atkins. Puisse cet ouvrage contribuer à défendre la mémoire de cette femme courageuse en rappelant ce que le monde de la photographie lui doit. Ars gratia Artis.

Gabrielle de Lassus Saint-Geniès