L’huile d’Ojon, l’« or rouge » de la nature

Huile d'Ojon, 50ml

Huile d’Ojon, 50ml

En 2011, Jane Lauder, petite fille d’Estée Lauder a lancé une gamme de produits pour cheveux autour de l’huile pure d’ojon, un végétal quasiment inconnu jusque là. Ses propriétés ayant été vantées par la marque Séphora, j’ai trouvé un flacon de 50 ml du désormais célèbre Sérum capillaire restructurant avec de l’huile pure d’ojon (Oleifera rouge). Ce dernier promet sobrement de réparer tous les types de cheveux, de maîtriser les mèches rebelles, de procurer de la brillance et surtout…de ne pas laisser de résidu gras. Je continue mes recherches : à l’origine, Denis Simioni (PDG d’une agence de publicité de Toronto) fait la découverte d’une huile artisanale pour cheveux venue du Honduras, dans la région de la Mosquitia chez les Indiens Miskito. Il part là-bas et remarque que les Indiens ont de splendides chevelures qu’ils massent avec de l’huile de noix d’ojon, fruit d’un palmier qui n’avait jamais été utilisé en cosmétique. Il commercialise l’huile d’ojon à partir de 2003, via une ONG. En 2007 le groupe Estée Lauder rachète la marque et perfectionne le concept, en créant une gamme de produits capillaires de haute qualité (crèmes, shampoings, sérums, masques, conditionneurs…).

Intriguée, je me suis penchée plus avant sur la notice et la composition de cette huile prodigieuse en doutant de ses vertus comme je doute de plus en plus de tous les produits de beauté « miracles » à l’époque d’un marketing acharné prêt à vanter n’importe quelle potion de charlatan tant que le packaging est alléchant et qu’il est estampillé d’une star hollywoodienne à la mode (ce qui n’est pas le cas ici pour une fois ! La ligne est neutre avec des couleurs plutôt sérieuses). Quelle surprise de découvrir alors un sérum ultra concentré, constitué d’une série d’huiles nourrissantes et bénéfiques. Le seul regret est que la quantité de chaque composant n’est pas indiquée. Il y a du bon et du moins bon dans la composition. Fans de produits 100% bio s’abstenir car il y a quelques substances chimiques bizarres mais dans l’ensemble on sent que les laboratoires ont essayé de retenir la panacée en ayant travaillé de façon optimale les diverses molécules, matières et parfums de chaque élément, ce qui explique le prix supérieur à 30 euros. En voici la liste interminable :

Caprylic/capric triglycéride (hydratant, émollient, solvant d’origine végétale qui entre dans la composition de nombreux produits cosmétiques)

Prunus amygdalus dulcis oil  (Huile d’amande douce)

Octyldodecanol (hydratant, émollient, solvant d’origine végétale qui entre dans la composition de nombreux produits cosmétiques)

Methyl trimethicone (solvant, agent d’entretien de la peau, employé dans les produits capillaires et dans les crèmes solaires)

Phenyl trimethicone (substance de la famille des silicones, agent chimique antimousse, antistatique, émollient)

Olea europae (huile d’olive)

Fruit oil dimethicone (huile avec polymères et silicones, antimousse, émolliente, utilisée dans la cosmétique capillaire notamment)

Persea gratissima oil (huile d’avocat)

Elaeis oleifera (huile de palmier d’Amérique)

Kernel oil (huile de noix de palme, cf.Elaeis guinensis)

Macadamia integrifolia seed oil (huile de noix de macadamia)

Simmondsia chinensis seed oil (huile de jojoba)

Helianthus annuus seed oil (huile de tournesol)

Ricinus communis seed oil (huile de ricin)

Vetiveria zizanioides root oil (huile essentielle de vétiver)

Citrus aurantium dulcis oil (huile essentielle d’orange douce)

Citrus aurantium bergamia oil  (huile essentielle de bergamotier)

Rosmarinus officinalis leaf extract (extrait de feuilles de romarin)

Dipteryx odorata seed extract (extrait de graine de fève tonka)

Triticum vulgare germ extract (extrait de germes de blé)

Hordeum vulgare (extrait d’orge)

Styrax benzoin gum, (teinture de benjoin)

Linoleic acid (acide gras essentiel)

Squalane (molécule/lipide)

Tocopheryl acetate (vitamine E, antioxydant)

Tetrahexyldecyl absorbate (vitamine C soluble dans le lipide)

Ethylhexyl methoxycinnamate (filtre UV)

Benzaldehyde (hyacinthine)

Linalool (linalol, alcool présent dans les huiles essentielles)

Coumarin (Coumarine, molécule de synthèse)

Limonene (molécule présente dans les huiles essentielles d’agrumes notamment)

Citral <ILN37689> (constituant de certaines huiles essentielles dont l’huile de citronnelle).

Venons en fait : le produit de couleur d’ambre-chaud est sympathique avec sa pipette qui fait très « professionnelle ». On l’applique sur cheveux humides ou secs après avoir réchauffé une à deux gouttes dans le creux de la main. Pas besoin de vider toute la pipette ! Une très petite quantité suffit. L’huile d’ojon est vite absorbée et fait briller immédiatement les cheveux. Si le produit est applicable sur toute la masse capillaire, il est finalement préférable de l’utiliser essentiellement sur les pointes. Toutes les huiles sèches restent des huiles même si on jure qu’elles ne graissent pas… Ainsi, on peut l’utiliser quotidiennement mais je préfère le prendre en « cure », à chaque changement de saison. Le mieux est de la faire au début du printemps, au milieu de l’été, à l’approche de l’automne et au cœur de l’hiver.

En conclusion, je donne une note de 16/20 à l’huile d’ojon. A garder dans sa salle de bain comme produit de secours indispensable quand les cheveux sont en dépression.

G.L.S.G., le 18 octobre 2013