Archange sensuel des Préraphaélites,
Peintre des déesses fatales et des muses
Consumées comme des feux de chairs interdites :
Il faut Rossetti que ton pinceau nous abuse !
Que ta plume toujours nous ramène à l’automne
Des rivages anglais hantés par Astarté,
Obsédés par tes féminines anémones
Tenant des pavots comme leurs vies arrachées.
Ramène à tes visions enflammées nos yeux clos,
Aveugles à force de laper les laideurs
De nos médiocres repas d’art famélique, ô
Absents de couleurs et nus d’hypnotiques fleurs !
Tes baisers imprégnés de douleurs opiacées
Sont des gouffres où tombent d’inouïs serments,
Abîmes léthargiques et convulsionnés
Fascinant par leurs tragiques raffinements.
Va, va poète, retourne à ton insomnie,
Loin de nos affreux idéaux, concepts sans corps,
Tu savais mieux que nous la Beauté et son prix :
Tout désir porte en sa satisfaction sa mort.
©GLSG, 2011
