Trois jours à Cambridge

Vers l’Outre-Manche

Porche du Trinity College, Cambridge

Porche du Trinity College, Cambridge

Quitter Paris pour retrouver l’Angleterre procure toujours un délicieux frisson d’évasion. L’aventure britannique n’a pas son pareil car Albion n’est pas si perfide qu’on le prétend. Le café de l’Eurostar tord l’estomac et donne la migraine, mais nous voilà déjà arrivés sous le soleil de Londres et à l’abri des merveilleux pinacles compliqués de la gare St Pancras flamboyante et néo-gothique à souhait. L’atmosphère anglaise pénètre dans votre crâne comme une flèche de nostalgie dès que l’on entend la langue de Shakespeare résonner autour de soi et quand on respire l’air semi-humide de septembre où plane un souvenir d’apple-pie. On recule sa montre d’une heure avec le sentiment de vaincre un peu Chronos et c’est parti vers King’s Cross, impeccable gare, pour s’engouffrer en direction de Cambridge dans un train d’une saleté paradoxalement repoussante. Les sifflets retentissent avec opiniâtreté à travers le grand hall. Tous les quais de gare se ressemblent, indistinctement avec leurs êtres humains tirant leurs valises, s’embrassant, se quittant, se retrouvant, les yeux rivés aux horloges et aux horaires. Il règne la même agitation de Londres à Paris, de New York à Madrid, de Saint Pétersbourg à Tokyo. Nous avons tous des êtres à quitter ou à rejoindre, sinon une solitude à oublier le temps d’un voyage, comme si les kilomètres de rails avaient le pouvoir d’abolir le temps de vivre autant que l’éternité. Sous les colonnes de King’s Cross le soleil étire ses longs rais tièdes en faisant miroiter les diamants contenus dans l’asphalte versés par on ne sait quel Grand Maître de la Nature ou par quelque ouvrier-poète.

Enfin, le train s’élance dans la campagne anglaise sous un soleil toujours brillant qui fait luire le feuillage des chênes, caressant de sa main les hanches des champs ondulés et faisant rebondir ses doigts entre les branches des buissons bordant la voie. Au son du cliquetis ferrailleux des wagons, les yeux clignent tous les deux secondes, effaçant ponctuellement le reflet des visages sur la vitre aux transparences troubles. Les pelouses phosphorent d’un vert de carapace de sauterelles comme si une nuée d’insectes fluo s’étaient regroupés sur les mêmes terrains. Ah, le fameux green… ! Les maisons, comme des bicoques de jeu de construction, défilent à toute allure tel un seul trait de briques rouges qu’un peintre de paysage tirerait sur sa toile d’une unique coup de pinceau en ajoutant des taches noires et blanches pour en faire des fenêtres et des cheminées de poupées. Des peupliers argentés tendent sagement leurs chevelures au vent, les graminées s’inclinent du même côté en accompagnant leur mouvement. Comme la joue d’un homme ayant une barbe de trois jours, la terre où la moisson du blé a été faite, attend le manteau de l’automne, rasée et piquante sous le bandeau bleu du ciel où s’alanguissent quelques nuages duveteux. Allons vers le Nord ! Allons vers Cambridge !

Arrivée à Cambridge

Grille de Trinity College, Cambridge

Grille de Trinity College, Cambridge

Enfin, nous parvenons à Cambridge en traversant la ville sous un soleil toujours généreux pour arriver devant le porche séculaire de Trinity College gardé par la statue d’un vieil Henry VIII en pierre dévorée par le temps. Le cœur de la ville est occupé par ces vieux collèges anglais que tant d’autres ont déjà décrits mais qu’il est toujours plaisant de retrouver, intacts, nobles, dressés vers le ciel avec leurs pierres délicates, leurs toits d’ardoises, leurs gargouilles, leurs blasons, leurs créneaux et tout le vocabulaire néo-gothique que vous voudrez…Ici, des jardiniers invisibles entretiennent des plates-bandes de choix avec tithonias, sauge bonariensis, haie de houx festonnés, rosiers, rudbeckias, phloxs, delphiniums de fin de saison. Je ramasse quelques capsules d’une plante mystérieuse, mélange de pavot et d’ancolie qui poussera en France si Dieu le veut.

Il n’y a pas de peuple plus jardinier que les Anglais. Allez savoir pourquoi leur goût est si sûr et pourquoi le soin jaloux qu’ils apportent à leurs jardins est supérieur à l’amateurisme de nombreuses nations. La conception britannique du jardin est liée à l’art de vivre de ce peuple raffiné. Cette idée n’est certainement pas étrangère à celle du  home sweet home  où la nature domestiquée est considéré implicitement comme prolongement du foyer. Là, se sont enracinées des générations de botanistes et d’amoureux des plantes qui se sont transmis un même goût pour le décor paysager en se répétant les trois mots suivants : ennoblir, entretenir, épanouir. 

Trinity College

Great Court, Trinity College

Great Court, Trinity College

Après la traversée de la Great Court, voilà le Great Hall de Trinity College qui semble attendre des banquets de guerriers normands avec ses larges proportions, sa charpente de bois sombre, ses dorures et sa polychromie, ses vitraux, ses portraits d’illustres prédécesseurs: Lord Byron, ancien élève turbulent du lieu probablement peint par Thomas Lawrence, le poète Alfred Tennyson peint par George Frederic Watts.

George Frederic Watts Watts, George Frederic, 1817-1904; Alfred Tennyson (1809-1892), 1st Baron Tennyson, Honorary Fellow (1869), Poet Laureate

George Frederic Watts (1817-1904) Portrait d’Alfred Tennyson (1809-1892), 1st Baron Tennyson, Honorary Fellow (1869), Poet Laureate © Trinity College, Cambridge

Le couvert est dressé sous les belles lampes de circonstance. Un gong annonce le début du repas. Un vénérable fellow récite un bénédicité puis le dîner commence. En cette période non encore scolaire il n’y a personne d’autre que la table des fellows. Tout est calme et désert ce qui donne le sentiment de profiter de Trinity comme des VIP dans un collège fantomatique. Ce n’est pas sans charme. Le soir l’air s’est affraîchi dans la grande cour au milieu de laquelle trône une imposante fontaine surmontée d’un dôme. Il n’y a pas un chat car les étudiants ne sont pas encore rentrés. Quelques étoiles scintillent et l’on aperçoit une lumière chaleureuse traverser les vitraux du Great Hall en jetant une lueur colorée dans la nuit sombre et calme. Nos pas résonnent à travers ce grand espace où marchèrent tant d’âmes assoiffées de savoir. Qui posera le pied sur ce même chemin dans cent ans ? Le temps qui passe semble incapable de griffer ces éternels collèges anglais qui résistent et s’accroissent avec une solidité à toute épreuve.

(c) Trinity College, University of Cambridge; Supplied by The Public Catalogue Foundation

Thomas Lawrence (attrib.) Portrait de Lord Byron ©Trinity College, University of Cambridge

La force de la pierre ne tient que parce qu’elle est soutenue par la puissance de l’esprit, de l’intellect…et espérons-le de l’amour.  Au bord de la Cam’, calme rivière presque sans courant, les étudiants et touristes glissent en ramant (“Punting”) et en riant dans les barques qui portent des prénoms fantaisistes. Le clair de lune surgit derrière les branches des arbres au loin. Il paraît que le vent chasse les nuages rapidement ce qui donne des nuits très claires, d’où le laboratoire d’astronomie de Newton et autres à Cambridge. D’où peut-être aussi le poème de Rupert Brooke : « I only know that you may lie Day-long and watch the Cambridge sky… » (« Je sais seulement que l’on peut rester tout le jour étendu à Cambridge à contempler le ciel…in The Old Vicarage, Grantchester).

Barques de Cambridge

Barques de Cambridge

Les lanternes diffusent une lueur mystérieuse. J’enlève mes chaussures pour marcher sur le délicieux gazon anglais si doux et humide de gouttes de nuit. Puis, nous traversons la cour en direction de l’allée de tilleuls, en arpentant la grande avenue qui passe au dessus du pont. Le terrain se prolonge après une grande grille majestueuse et nous passons dans la seconde partie du parc. Il n’y pas d’autre lumière que celle de la nuit. Nous marchons comme dans un tableau de Watteau nocturne vers une Cythère invisible, fruit de notre imagination.

The Wren Library

The Wren Library, Cambridge

The Wren Library, Cambridge

Après avoir traversé la Nevile’s Court et ses longues colonnades, la Wren Library se dresse avec ses grandes baies lumineuse, conçue par Christopher Wren entre 1676  et 1695. Nous y accédons par un bel escalier ancien. Long bâtiment rectangulaire du XVIIIe siècle, elle conserve une prestigieuse collection d’ouvrages sous le regard d’une série de bustes d’hommes célèbres sculptés par le français Louis François Roubillac et sous la surveillance d’une statue imposante du rêveur tourmenté Lord Byron. Les étagères de bois sont alignées en forme de loges fermées par des portes en volutes sculptées. La perspective idéale est tracée par un dallage de carreaux noirs et blancs qui resplendissent sous la luminosité des fenêtres. C’est ici que sont détenus les écrits et plusieurs souvenirs d’Isaac Newton ainsi que…les manuscrits de Winnie the Pooh !

 La Wren Library recèle des trésors dont une partie de la collection de livres d’artistes de Nicholas Kessler (note: à la différence du Livre d’artiste exécuté par un écrivain et un artiste l’Artist book est fait par un seul artiste). Voilà les Sonnets de Shakespeare illustrés par André Masson, le poème Un coup de dé jamais n’abolira le hasard de Mallarmé, Le Corbeau (The Raven) de Poe traduit par Mallarmé et illustré par Manet, des écrits de Sartre illustrés par Masson, Carmen de Picasso, Simulacre d’André Masson et Michel Leiris, le Faust de Goethe par Delacroix, Une Saison en Enfer de Rimbaud par André Masson, Parallèlement de Verlaine avec des sanguines de Bonnard, Contre une maison sèche de René Char illustré par Wifredo Lam et Jean Hugues.

Lord Byron dans l'éclat de la Wren Library

Lord Byron dans l’éclat de la Wren Library par le sculpteur Bertel Thorvaldsen (1770-1844)

Dans les rayonnages apparaissent les tranches de cuir usé où l’on lit avec délectation les écrits d’Erasme, La Cité de Dieu de Saint Augustin, les Curiosités naturelles de Seba, l’Astronomie de Kepler, l’Utopie de More, Newton, Hume, Galilée, Euclide…Dans des vitrines reluisantes ont été placés The Winchester (Or Trinity) Gospels avec une enluminure du XIe siècle de la Winchester School représentant le Christ en gloire dans une mandorle au vêtement doré à la feuille d’or, en double-page pour annoncer le début de l’Évangile de St Matthieu (« Incipit Evangelium Secundum Matheum ») avec des grandes lettres colorées. À côté, repose un manuscrit des Homélies d’Aelfric du milieu du XIe siècle provenant de Canterbury. La vitrine suivante expose des incunables dont l’un de plus anciens de la collection de la Wren Library, le De Officis de Cicéron daté de 1466 et publié à Mainz par Johann Fust & Peter Schoeffer. On y distingue de larges marges permettant d’y écrire de nombreuses annotations. Ensuite, un ouvrage est ouvert sur une magnifique vue de Constantinople en bois gravé, il s’agit d’une double page du Liber Chronicarum publié à Nuremberg par Anton Koberger en 1493 (imprimeur depuis 1471) qui avait dans son atelier le jeune Albrecht Dürer. Ce dernier participa certainement à la réalisation de ce livre qui contient 170 bois gravés. Et puis, l’Hypnerotomachia Poliphilis de Francesco Colonna imprimé à Venise en 1499 par Aldo Manuce, légué en 1863 à la Wren Library par William Grylls parmi sa collection de 9000 volumes dont 299 incunables.

Nuremberg

Vue de Constantinople, Liber Chronicarum, publié à Nuremberg par Anton Koberger, 1493

Une autre vitrine présente la page de l’hôtel de Londres à Chamonix où Percy Bysshe Shelley a écrit le 23 juillet 1826 en grec : « Eimi philanthropos, demokratikos, atheos te » (« I am a lover of mankind, a democrat and an atheist ») lors de son passage avec Mary Wollstonecraft Godwin (épouse de Shelley) et Claire Clairmont (enceinte de Lord Byron). C’est lors de l’été 1816 qu’ils rejoignent Byron et le physicien John William Polidori au Lac de Genève dans la Villa Diodati qui inspirent The Vampyre (1819) pour Polidori et Frankenstein ; or The Modern Prometheus (1818) pour Mary Shelley.

En sortant, des jardiniers entretiennent soigneusement la pelouse au moyen des tondeuses très sophistiquées qui découpent le gazon avec une finesse de choix. Je les observe couper les bordures avec des cisailles particulières, tordues en angle droit pour pouvoir travailler de manière plus efficace. D’autres arrosent les plates-bandes sur les bords. C’est une vraie ruche silencieuse !

Le Jardin botanique de Cambridge

Le Jardin botanique n’ouvre qu’à 10h. On y accède en passant par la Trumpington Street où court une petite rivière un peu sale. Devant la grille s’étend une plate-bande de nepeta « herbe à chat ou « Mint-Cat » et de céanothes (Ceanothus « Cynthia Postan ») en train de grainer en lançant leurs hampes alternées de boules comme des lances de soldats. Le jardin a été fondé en 1846 par John Stevens Henslow, professeur de botanique à Cambridge et mentor de Charles Darwin. Cet espace a été conçu comme un lieu d’expérimentations pour l’étude des plantes, et non plus seulement comme un jardin à usage médicinal. Il abrite aujourd’hui plus de 8000 espèces et une grande collection d’arbres.

Aconitum

Aconitum carmichaelli (Renonculacées) du jardin botanique de Cambridge

C’est un enchantement de parcourir les allées serpentines au milieu des grandes hampes casquées de bleues de l’Aconitum carmichaelli (Renonculacées) puis des Asters herveyi (Astéracées). Sous le pommier (Flower of Kent) descendant de celui qui inspira, dit-on, Sir Isaac Newton, soudain, tombe une pomme, o instant métaphysique ! Amusante coïncidence qui me fait songer à la découverte de la loi de la gravitation universelle. J’en ramasse une en guise de souvenir. Les buissons d’herbes variées se succèdent : Achillée millefeuille, Géranium, Pivoines, Hellébores. Un magnifique Laurus Nobilis dresse ses branches lisses au feuillage auguste. Passage-éclair dans une partie des Greenhouses (serres) où rampent des fleurs carnivores, des cactus, des lithops, des orchidées et des espèces jalousement entretenues et consignées.

Un Tibouchina urvilleana « le Glory Bush » épanouit ses glorieuses « fleurs araignées » bleu nuit et ses feuilles, mandorles aux nervures veloutées. Voici la belle Salvia Uliginosa, la Lavande gracile (Lavandula buchii var. gracile), la Phacélie, la Scabieuse, la Bourrache, le pimpant Sedum « Autumn Joy », la belle Salvia Guaranatica « Blue Enigma ». Je suis intriguée par un petit pavot jaune originaire du Mexique. Je parviens à récupérer une gousse sèche de graines de cette fleur jaune canari intitulée Hunnemannia Fumariifolia (Papavéracées) dont le feuillage et la tige exsudent une sève jaune qui colore la peau avec vivacité, semblable à la chélidoine. Des agapanthes tendent leurs hampes en graines. De beaux arbres jalonnent le chemin : cèdres, calocedrus decurrens, eucalyptus, saules…Hélas, je n’ai pas le temps d’énumérer la moitié de ce que je contemple. Des gunneras se penchent au bord d’un plan d’eau. Une fontaine fait entendre son chant. Les traditionnels bancs anglais offerts par des généreux donateurs portent des inscriptions romanesques comme : « Gather the rose of love, whilst yet is time », sentence inspirée de Robert Herrick. L’air est doux et paisible. De vieux couples se promènent loin du tumulte du monde. Les bordures présentent cette netteté léchée si britannique sans oublier le gazon toujours aussi frais, vert et impeccable.

En revenant vers l’entrée, un certain Metaséquoia surnommé « The Dawn Redwood » étend ses bras, arbre fossile classé qui fait la fierté des Anglais.

Le Fitzwilliam Museum

John Everett Millais, The Bridesmaid, huile sur boo, oil on panel, height 27.9cm, width 20.3cm, 1851.

John Everett Millais (1829-1896), The Bridesmaid, 1851, huile sur bois ©Fitzwilliam Museum, Cambridge

Passage-éclair au Fitzwilliam Museum qui est sur la route du retour. Le beau bâtiment abrite une somptueuse collection de tableaux et d’oeuvres d’art dont quelque préraphaélites : The Last of England de Ford Madox Brown, The Bridesmaid de Millais, les portraits de Lord Frederic Leighton, ceux de William Holman Hunt. Dans la pièce centrale du musée se situe une petite galerie surélevée où une série de tableaux de petits formats se succèdent de manière distrayante. On admire le graphisme mystique des œuvres de William Blake (La Circoncision, Ugolin et ses fils, The Infant on the Cross, etc.), un petit Corot mystérieux, des Vierges flamandes, des paysages, des natures-mortes, de naïfs Arthur Hughes…et je ne peux que regretter le peu de temps qui me reste. Je garde un souvenir intéressé d’un sofa Arts & Crafts « Amor, Amans et Amata » avec trois dossiers : le premier surplombé d’un amoureux, le second d’un Cupidon, le troisième d’une belle femme préraphaélite. C’est Rossetti, sans surprise, qui en a fait les dessin.

M.F.1-1918(1)

Morris and Company (1855-1932) ; Dante Gabriel Rossetti, Sofa “Amans, Amor, Amata”, 1862 ©Fitzwilliam Museum (Cambridge)

M.F.1-1918(2)

Détail du médaillon “Amans”. Morris and Company (1855-1932) ; Dante Gabriel Rossetti, Sofa “Amans, Amor, Amata”, 1862 ©Fitzwilliam Museum, Cambridge

M.F.1-1918(3)

Détail du médaillon “Amor”. Morris and Company (1855-1932) ; Dante Gabriel Rossetti, Sofa “Amans, Amor, Amata”, 1862 ©Fitzwilliam Museum, Cambridge

M.F.1-1918(4)

Détail du médaillon “Amata”. Morris and Company (1855-1932) ; Dante Gabriel Rossetti, Sofa “Amans, Amor, Amata”, 1862 ©Fitzwilliam Museum, Cambridge

Retour

Adieu Cambridge !  La France m’attend. Je ne sais pas quand je poserai à nouveau les pieds sur le pays de Newton. Nul doute, la loi de l’attraction fait partie du pedigree de l’Angleterre, en dépit des Brexit et autres fariboles. Je reviendrai, promis !

 Gabrielle de Lassus Saint-Geniès, 14 septembre 2016