Belles Tubéreuses, plantes inatteignables,
Je vous prie de me prodiguer votre parfum
Afin que j’y plonge mon odorat défunt
Et que je renaisse en vos mains inestimables.
Car en vos pages blanches de fleurs-poétesses
Je contemple la jouvence inaccessible,
La note harmonieuse qui n’est point cessible
Qu’aux mains de l’aurore jalouse et vengeresse.
Voilà donc l’aveu que je vous ferai ce soir,
Face à la brisure de votre coupe offerte :
Gardez votre amour jaloux sous un air inerte,
Ne dites pas qui visite votre parloir.
Et que durent les matins clairs sans autre éveil
Que celui de la rosée qui suit votre empreinte,
Que meurent l’Angélique, l’Astrance et l’Absinthe
Tant que la Tubéreuse au jardin pense et veille.
©GLSG, 2024
