{"id":96,"date":"2011-12-21T00:34:22","date_gmt":"2011-12-21T00:34:22","guid":{"rendered":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.wordpress.com\/2013\/05\/14\/lire-et-relire-chronique-n4-emaux-et-camees-de-theophile-gautier\/"},"modified":"2016-01-28T18:38:28","modified_gmt":"2016-01-28T18:38:28","slug":"lire-et-relire-chronique-n4-emaux-et-camees-de-theophile-gautier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=96","title":{"rendered":"LIRE ET RELIRE \u00c9maux et Cam\u00e9es de Th\u00e9ophile Gautier"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3906\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/390043_283760578341798_745488532_n-1.jpg?resize=215%2C215\" alt=\"390043_283760578341798_745488532_n\" width=\"215\" height=\"215\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/390043_283760578341798_745488532_n-1.jpg?w=215&amp;ssl=1 215w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/390043_283760578341798_745488532_n-1.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/390043_283760578341798_745488532_n-1.jpg?resize=144%2C144&amp;ssl=1 144w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/390043_283760578341798_745488532_n-1.jpg?resize=160%2C160&amp;ssl=1 160w\" sizes=\"(max-width: 215px) 100vw, 215px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Une chemin\u00e9e de gla\u00e7ons<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien de tel que quelques pages d&rsquo;<em>\u00c9maux et Cam\u00e9es<\/em>\u00a0de Th\u00e9ophile Gautier (1811-1872) pour se r\u00e9chauffer (ou se refroidir!) en plein hiver au bord de l&rsquo;\u00e2tre esth\u00e9tique de ce cher po\u00e8te qui aima la forme peut-\u00eatre plus que le fond mais qu&rsquo;importe? Th\u00e9ophile adora la Beaut\u00e9 et la servit fid\u00e8lement en ciselant avec amour les vers les plus raffin\u00e9s et les plus pr\u00e9cieux pour lui faire honneur \u00e0 travers une guirlande fleurie de 37 po\u00e8mes (1852).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme il l&rsquo;affirme dans le premier po\u00e8me du recueil qui sert de pr\u00e9ambule \u00e0 l\u2018\u0153uvre,\u00a0<em>Affinit\u00e9s secr\u00e8tes<\/em>, Gautier est persuad\u00e9 qu\u2019il existe une m\u00eame \u00e2me au sein des diverses manifestations de la mati\u00e8re\u00a0: les formes de la nature changent mais elles sont anim\u00e9es par un m\u00eame esprit, en une sorte de panth\u00e9isme \u00a0personnel que Gauthier ne craint pas d&rsquo;exalter avec humour lorsqu&rsquo;il sous-titre ce premier po\u00e8me\u00a0<em>\u00ab\u00a0Madrigal panth\u00e9iste\u00a0\u00bb<\/em>. Ainsi, le marbre, la rose, la colombe et la perle n&rsquo;ont a priori pas de liens mais pour le po\u00e8te, si !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>(&#8230;) Par de lentes m\u00e9tamorphoses,<\/em><br \/>\n<em> Les marbres blancs en blanches chairs<\/em><br \/>\n<em> Les fleurs roses en l\u00e8vres roses<\/em><br \/>\n<em> Se refont dans des corps divers.&nbsp;&raquo;<\/em><br \/>\n<em> (&#8230;)<\/em><br \/>\n<em> De l\u00e0 naissent ces sympathies<\/em><br \/>\n<em> Aux imp\u00e9rieuses douceurs,<\/em><br \/>\n<em> Par qui les \u00e2mes averties,<\/em><br \/>\n<em> Partout se reconnaissent s\u0153urs.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00c9maux et Cam\u00e9es<\/em>\u00a0fait partie des manifestes de l&rsquo;Art pour l&rsquo;art : le culte de la Beaut\u00e9, la perfection de la forme guident le po\u00e8te qui choisit de ne retenir du monde qu&rsquo;il contemple non pas la laideur et la mis\u00e8re comme un Zola, ou un Renan, mais les fugitives visions de gr\u00e2ce qu&rsquo;il entrevoit. M\u00eame une morte a le droit d&rsquo;\u00eatre coquette (<em>Coquetterie posthume<\/em>), m\u00eame la description de la main d&rsquo;un assassin (<em>Lacenaire<\/em>) devient une forme de beaut\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>En m\u00eame temps molle et f\u00e9roce,<\/em><br \/>\n<em> Sa forme a pour l&rsquo;observateur<\/em><br \/>\n<em> Je ne sais quelle gr\u00e2ce atroce<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces rares instants sont sacr\u00e9s. Il n&rsquo;y a pour les fixer concr\u00e8tement que l&rsquo;art plastique, l&rsquo;art musical ou l&rsquo;art po\u00e9tique, arts que Gautier tente de r\u00e9unir dans ses octosyllabes aux rythmes savants. Son d\u00e9faut est de faire une po\u00e9sie parfois trop descriptive, froide, et intellectuelle et de tailler dans les po\u00e8mes avec un c\u0153ur de marbre plus qu&rsquo;avec un c\u0153ur de chair\u00a0! Il d\u00e9crit tr\u00e8s justement par exemple l&rsquo;\u00e9motion que lui procure une larme<em>\u00a0&laquo;&nbsp;d&rsquo;un \u0153il qui n&rsquo;a jamais pleur\u00e9!&nbsp;&raquo; (Diamant du c\u0153ur)\u2026<\/em>\u00a0Mais il n\u2019est pas dupe de son aimable tort et il se moque avec ironie de lui-m\u00eame quand il termine sa marmor\u00e9enne\u00a0<em>Symphonie en blanc majeur\u00a0<\/em>par ces vers lucides :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Sous la glace o\u00f9 calme il repose,<\/em><br \/>\n<em>Oh! Qui pourra fondre ce c\u0153ur !<\/em><br \/>\n<em>Oh! Qui pourra mettre un ton rose\u00a0<\/em><br \/>\n<em>Dans cette implacable blancheur!<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><strong><em>Un diad\u00e8me de pages 19\u00e8me<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em><em>\u00a0Emaux et Cam\u00e9es<\/em>\u00a0est une sorte de diad\u00e8me po\u00e9tique du 19\u00e8me qui ench\u00e2sserait des pierres pr\u00e9cieuses classiques m\u00e2tin\u00e9es de\u00a0 quelques perles baroques. Dans l\u2019ensemble, tous les th\u00e8mes choisis par Gautier sont conventionnels\u00a0: la nature, l&rsquo;amour, la mort par exemple, mais ils alternent harmonieusement avec quelques motifs plus originaux comme celui sur l&rsquo;hermaphrodite (<em>Contralto<\/em>), bizarre et jouant sur l\u2019effet de surprise. Inspir\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre statue antique du Louvre, Gautier pose indirectement la question du sexe de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em style=\"letter-spacing: 0.05em; line-height: 1.6875;\">Et dont la voix, dans sa caresse,<\/em><br \/>\n<em>R\u00e9veillant le c\u0153ur endormi,<\/em><br \/>\n<em>M\u00eale aux soupirs de la maitresse\u00a0<\/em><br \/>\n<em>L&rsquo;accent plus m\u00e2le de l&rsquo;ami !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour notre auteur romantique et id\u00e9aliste, la mati\u00e8re qui est belle n\u2019est jamais muette. Les monuments ont une \u00e2me et parlent comme les ob\u00e9lisques de Paris et de Louxor (<em>Nostalgies des ob\u00e9lisques<\/em>). Il suit et imagine le vol des hirondelles vers les pays chauds qui vont \u00e9lire domicile sous les m\u00e9topes et triglyphes des monuments antiques (<em>Ce que disent les hirondelles<\/em>).<\/p>\n<p><strong><em>Toujours l\u2019Eternel F\u00e9minin<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e8me de la femme fascine Gautier qui la consid\u00e8re principalement en tant que forme humaine et c\u00e9leste, mais aussi avec la verve et l\u2019humour du s\u00e9ducteur\u00a0 (<em>Le Monde est m\u00e9chant<\/em>) :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>C&rsquo;est que tu m&rsquo;aimes, ma petite,<\/em><br \/>\n<em>Et que tu hais tous ces gens-l\u00e0.<\/em><br \/>\n<em>Quitte-moi ; -comme ils diront vite :<\/em><br \/>\n<em>Quel c\u0153ur et quel esprit elle a !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le corps f\u00e9minin est un po\u00e8me vivant qui se laisse contempler et d\u00e9crire mais aussi toucher dans la mesure o\u00f9 il est un et multiple \u00e0 la fois. La femme inspire par la vari\u00e9t\u00e9 de ses poses qui renouvellent perp\u00e9tuellement l&rsquo;inspiration du po\u00e8te \u00e9pris d&rsquo;images fixes et mobiles. Bien entendu,\u00a0<em>l\u2019Eternel F\u00e9minin<\/em>\u00a0poursuit son \u0153uvre et ses d\u00e9vastes romantiques\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>A l&rsquo;id\u00e9al ouvre ton \u00e2me ;<\/em><br \/>\n<em>Mets dans ton c\u0153ur beaucoup de ciel,<\/em><br \/>\n<em>Aime une nue, aime une femme,<\/em><br \/>\n<em>Mais aime! -C&rsquo;est l&rsquo;essentiel !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame un striptease devient source de v\u00e9n\u00e9ration mi-profane et mi-sacr\u00e9e en m\u00ealant \u00e9rotisme, voyeurisme, vie et mort. (<em>Le Po\u00e8me de la Femme, marbre de Paros<\/em>) Gautier croit en Dieu car Dieu a cr\u00e9\u00e9 la femme, m\u00eame si cette derni\u00e8re peut \u00eatre fatale (<em>Carmen<\/em>)\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Et parmi sa p\u00e2leur, \u00e9clate\u00a0<\/em><br \/>\n<em>Une bouche aux rires vainqueurs:<\/em><br \/>\n<em>Piment rouge, fleur \u00e9carlate,<\/em><br \/>\n<em>Qui prend sa pourpre au sang des c\u0153urs.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Un mus\u00e9e versifi\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gautier conna\u00eet probablement tous les mus\u00e9es et galeries d\u2019Europe par c\u0153ur. Beaucoup de r\u00e9f\u00e9rences culturelles et artistiques affleurent le long d\u2019<em>Emaux et Cam\u00e9es<\/em>, comme les c\u00e9l\u00e8bres<em>Variations sur le carnaval de Venise\u00a0<\/em>qui confondent joyeusement Watteau \u00a0et Canaletto avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et entrain. Les jeux de sons suscitent un pouvoir d\u2019\u00e9vocation o\u00f9 parfois l&rsquo;amertume passe (<em>Clair de lune sentimental<\/em>) :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Jovial et m\u00e9lancolique,<\/em><br \/>\n<em>Ah ! vieux th\u00e8me du carnaval,<\/em><br \/>\n<em>O\u00f9 le rire aux larmes r\u00e9plique,<\/em><br \/>\n<em>Que ton charme m&rsquo;a fait de mal.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des spectres se l\u00e8vent\u00a0au d\u00e9tour des pages : Napol\u00e9on plane, fant\u00f4me ind\u00e9tr\u00f4nable,\u00a0 sur l\u2019\u00e9poque romantique\u00a0 (<em>Vieux de la vieille)<\/em>, tandis que des revenants r\u00e9veillent un monde r\u00e9volu (<em>Le Souper des Armures, Le Ch\u00e2teau du Souvenir<\/em>,\u00a0<em>In\u00e8s de la Sierras<\/em>).<\/p>\n<p><strong><em>La Forme et le Fond<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La forme, toujours la forme pr\u00e9occupe et hante Gautier !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans\u00a0<em>Buchers et Tombeaux<\/em>, il reproche \u00e0 l&rsquo;art chr\u00e9tien d&rsquo;avoir fait apparaitre le squelette dans l&rsquo;art en d\u00e9fendant la vision de l&rsquo;art antique qui repr\u00e9sentait la mort de mani\u00e8re plus \u00e9l\u00e9giaque, au moyen de symboles emprunt\u00e9s \u00e0 la nature comme le papillon, les lauriers, les plantes :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Reviens, reviens, bel art antique,<\/em><br \/>\n<em>De ton Paros \u00e9tincelant\u00a0<\/em><br \/>\n<em>Couvrir ce squelette gothique ;<\/em><br \/>\n<em>D\u00e9vore-le, b\u00fbcher br\u00fblant ! (&#8230;)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Toi, forme immortelle, remonte<\/em><br \/>\n<em>Dans la flamme aux sources du beau,<\/em><br \/>\n<em>Sans que ton argile ait la honte<\/em><br \/>\n<em>Et les mis\u00e8res du tombeau !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, Gautier succombe \u00e0 quelques mi\u00e8vreries 19\u00e8me si\u00e8cle (<em>No\u00ebl, Cam\u00e9lia et P\u00e2querette, Plaintive tourterelle<\/em>) \u00a0 ou d\u00e9clame quelques po\u00e8mes aux rimes \u00a0pr\u00e9visibles, mais il sait \u00eatre moderne dans un texte comme \u00a0<em>Les N\u00e9r\u00e9ides,<\/em>\u00a0dans lequel il fait contraster la mythologie et la modernit\u00e9, en imaginant \u00a0un steam-boat surgissant dans l&rsquo;oc\u00e9an peupl\u00e9 de nymphes !<\/p>\n<p>La nature est appr\u00e9hend\u00e9e comme lieu de contemplation consolatrice\u00a0(<em>La fleur qui fait le printemps<\/em>)\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00a0Par piti\u00e9 donnez cette joie\u00a0<\/em><br \/>\n<em>Au po\u00e8te dans ses douleurs,<\/em><br \/>\n<em>Qu&rsquo;avant de s&rsquo;en aller, il voie<\/em><br \/>\n<em>Vos feux d&rsquo;artifices de fleurs.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est aussi consid\u00e9r\u00e9e comme endroit propice aux interactions sentimentales entre les cinq sens.\u00a0 Quand Gautier se prom\u00e8ne dans le parc enneig\u00e9 de Versailles (<em>Fantaisies d&rsquo;hiver<\/em>), r\u00eaveur, il constate tr\u00e8s naturellement que l\u2019hiver est un \u00ab\u00a0musicien\u00a0\u00bb. Romanesque, curieux, il d\u00e9crit ses visions comme des tableaux mobiles dans lesquels il transpose ses \u00e9tats d&rsquo;\u00e2mes aux personnages, aux objets ou aux plantes: les drames des \u00eatres rencontr\u00e9s sont les siens, les chemin\u00e9es et les jardins portent ses \u00e9tonnements et ses regrets\u00a0(<em>M\u00e9ditation<\/em>):<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Ce qui charme s&rsquo;en va, ce qui fait peine reste :<\/em><br \/>\n<em>La rose vit une heure et le cypr\u00e8s cent ans.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il parvient \u00e0 rendre \u00e9mouvante la chambre d\u2019une fillette qui vient de mourir et dont la bo\u00eete \u00e0 musique \u00e9gr\u00e8ne encore sa m\u00e9lodie alors que le berceau porte encore la trace du poids de l\u2019enfant (<em>Les joujoux de la morte<\/em>)\u00a0:\u00a0<em>&laquo;&nbsp;Berceau que la tombe a fait creux&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ironique et comique, Gautier ne se perd pas toujours dans les nu\u00e9es inaccessibles au commun des mortels. Le po\u00e8te demeure un homme soumis aux m\u00eames contingences que le reste de l\u2019humanit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Pour la grisette et pour l&rsquo;artiste,<\/em><br \/>\n<em>Pour le veuf et pour le gar\u00e7on,<\/em><br \/>\n<em>Une mansarde est toujours triste:<\/em><br \/>\n<em>Le grenier n&rsquo;est beau qu&rsquo;en chanson.\u00a0<\/em><em style=\"letter-spacing: 0.05em; line-height: 1.6875;\">(&#8230;)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Voil\u00e0 longtemps que le po\u00e8te,<\/em><br \/>\n<em>Las de prendre la rime au vol,<\/em><br \/>\n<em>S&rsquo;est fait reporter de gazette,<\/em><br \/>\n<em>Quittant le ciel pour l&rsquo;entresol.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, Th\u00e9ophile Gautier a parfaitement choisi le nom de son recueil\u00a0: l\u2019\u00e9mail et les cam\u00e9es sont des mati\u00e8res naturelles transform\u00e9es par l\u2019homme en riches objets au moyen d\u2019efforts de ciselure, de lentes et patientes transformations. Plus la mati\u00e8re est sublim\u00e9e par le travail et l\u2019art de l\u2019homme, plus elle exalte des formes esth\u00e9tiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Sculpte, lime, cis\u00e8le ;<\/em><br \/>\n<em>Que ton r\u00eave flottant<\/em><br \/>\n<em>Se scelle\u00a0<\/em><br \/>\n<em>Dans le bloc r\u00e9sistant.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourquoi un bijou comme un po\u00e8me ne peut \u00eatre ni futile, ni vanit\u00e9, car il porte le souvenir d\u2019une conqu\u00eate de la forme par la soumission de l\u2019artiste \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9 id\u00e9ale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins cet id\u00e9al de Beaut\u00e9 soul\u00e8ve sans doute des objections\u00a0que Gautier, \u00e9blouissant d\u2019audace et d\u2019humour attaque avec la fausse candeur d\u2019un rimailleur d\u00e9sabus\u00e9, en faisant rimer haut et fort \u00a0le terme \u00ab\u00a0po\u00e8me\u00a0\u00bb avec \u00a0le mot \u00a0\u00ab\u00a0probl\u00e8me\u00a0\u00bb (<em>La Fellah<\/em>)\u00a0! Comme il a raison\u00a0! Les Parnassiens s&rsquo;en souviendront.<\/p>\n<p>Copyright G.L.S.G. le 20 d\u00e9cembre 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une chemin\u00e9e de gla\u00e7ons Rien de tel que quelques pages d&rsquo;\u00c9maux et Cam\u00e9es\u00a0de Th\u00e9ophile Gautier (1811-1872) pour se r\u00e9chauffer (ou se refroidir!) en plein hiver au bord de l&rsquo;\u00e2tre esth\u00e9tique de ce cher po\u00e8te qui aima la forme peut-\u00eatre plus&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=96\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1920,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":""},"categories":[4],"tags":[67,68,69],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/390043_283760578341798_745488532_n.jpg?fit=215%2C215&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4lzfC-1y","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/96"}],"collection":[{"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=96"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/96\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3907,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/96\/revisions\/3907"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=96"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=96"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=96"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}