{"id":3341,"date":"2015-08-23T12:59:05","date_gmt":"2015-08-23T12:59:05","guid":{"rendered":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=3341"},"modified":"2015-08-23T13:03:10","modified_gmt":"2015-08-23T13:03:10","slug":"le-discours-de-stockholm-de-saint-john-perse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=3341","title":{"rendered":"Le Discours de Stockholm de Saint-John Perse"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3345\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/1003670-Saint-John_Perse.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3345\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-3345\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/08\/1003670-Saint-John_Perse.jpg?resize=215%2C300\" alt=\"Portrait de Saint-John Perse par F. 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Renaud, 1936<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Allocution prononc\u00e9e par le po\u00e8te Saint-John Perse\u00a0le 10 d\u00e9cembre 1960 lors de la remise du prix Nobel de litt\u00e9rature.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai accept\u00e9 pour la po\u00e9sie l&rsquo;hommage qui lui est ici rendu, et que j&rsquo;ai h\u00e2te de lui restituer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La po\u00e9sie n&rsquo;est pas souvent \u00e0 l&rsquo;honneur. C&rsquo;est que la dissociation semble s&rsquo;accro\u00eetre entre l&rsquo;\u0153uvre po\u00e9tique et l&rsquo;activit\u00e9 d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 soumise aux servitudes mat\u00e9rielles. Ecart accept\u00e9, non recherch\u00e9 par le po\u00e8te, et qui serait le m\u00eame pour le savant sans les applications pratiques de la science.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais du savant comme du po\u00e8te, <strong>c&rsquo;est la pens\u00e9e d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e que l&rsquo;on entend honorer ici<\/strong>. Qu&rsquo;ici du moins ils ne soient plus consid\u00e9r\u00e9s comme des fr\u00e8res ennemis. Car l&rsquo;interrogation est la m\u00eame qu&rsquo;ils tiennent sur un m\u00eame ab\u00eeme, et seuls leurs modes d&rsquo;investigation diff\u00e9rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on mesure le drame de la science moderne d\u00e9couvrant jusque dans l&rsquo;absolu math\u00e9matique ses limites rationnelles ; quand on voit, en physique, deux grandes doctrines ma\u00eetresses poser, l&rsquo;une un principe g\u00e9n\u00e9ral de relativit\u00e9, l&rsquo;autre un principe quantique d&rsquo;incertitude et d&rsquo;ind\u00e9terminisme qui limiterait \u00e0 jamais l&rsquo;exactitude m\u00eame des mesures physiques ; quand on a entendu le plus grand novateur scientifique de ce si\u00e8cle, initiateur de\u00a0la cosmologie moderne et r\u00e9pondant de la plus vaste synth\u00e8se intellectuelle en termes d&rsquo;\u00e9quations,<strong> invoquer l&rsquo;intuition au secours de la raison <\/strong>et proclamer que \u00ab l&rsquo;imagination est le vrai terrain de germination scientifique \u00bb, allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9clamer pour le savant le b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une v\u00e9ritable \u00ab vision artistique \u00bb \u2013 n&rsquo;est-on pas en droit de tenir l&rsquo;instrument po\u00e9tique pour aussi l\u00e9gitime que l&rsquo;instrument logique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Au vrai, toute cr\u00e9ation de l&rsquo;esprit est d&rsquo;abord \u00ab po\u00e9tique \u00bb au sens propre du mot ; et dans l&rsquo;\u00e9quivalence des formes sensibles et spirituelles, une m\u00eame fonction s&rsquo;exerce, initialement, pour l&rsquo;entreprise du savant et pour celle du po\u00e8te<\/strong>. De la pens\u00e9e discursive ou de l&rsquo;ellipse po\u00e9tique, qui va plus loin, et de plus loin ? Et de cette nuit originelle o\u00f9 t\u00e2tonnent deux aveugles-n\u00e9s, l&rsquo;un \u00e9quip\u00e9 de l&rsquo;outillage scientifique, l&rsquo;autre assist\u00e9 des seules fulgurations de l&rsquo;intuition, qui donc plus t\u00f4t remonte, et plus charg\u00e9 de br\u00e8ve phosphorescence. La r\u00e9ponse n&rsquo;importe. Le myst\u00e8re est commun. Et la grande aventure de l&rsquo;esprit po\u00e9tique ne le c\u00e8de en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. Des astronomes ont pu s&rsquo;affoler d&rsquo;une th\u00e9orie de l&rsquo;univers en expansion ; il n&rsquo;est pas moins d&rsquo;expansion dans l&rsquo;infini moral de l&rsquo;homme \u2013 cet univers. Aussi loin que la science recule ses fronti\u00e8res, et sur tout l&rsquo;arc \u00e9tendu de ces fronti\u00e8res, on entendra courir encore la meute chasseresse du po\u00e8te. Car si la po\u00e9sie n&rsquo;est pas, comme on l&rsquo;a dit, \u00ab le r\u00e9el absolu \u00bb, elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appr\u00e9hension, \u00e0 cette limite extr\u00eame de complicit\u00e9 o\u00f9 le r\u00e9el dans le po\u00e8me semble s&rsquo;informer lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la pens\u00e9e analogique et symbolique, par l&rsquo;illumination lointaine de l&rsquo;image m\u00e9diatrice, et par le jeu de ses correspondances, sur mille cha\u00eenes de r\u00e9actions et d&rsquo;associations \u00e9trang\u00e8res, par la gr\u00e2ce enfin d&rsquo;un langage o\u00f9 se transmet le mouvement m\u00eame de l&rsquo;\u00catre, le po\u00e8te s&rsquo;investit d&rsquo;une surr\u00e9alit\u00e9 qui ne peut \u00eatre celle de la science. Est-il chez l&rsquo;homme plus saisissante dialectique et qui de l&rsquo;homme engage plus ? <strong>Lorsque les philosophes eux-m\u00eames d\u00e9sertent le seuil m\u00e9taphysique, il advient au po\u00e8te de relever l\u00e0 le m\u00e9taphysicien ; et c&rsquo;est la po\u00e9sie alors, non la philosophie, qui se r\u00e9v\u00e8le la vraie \u00ab fille de\u00a0l&rsquo;\u00e9tonnement \u00bb, selon l&rsquo;expression du philosophe antique \u00e0 qui elle fut le plus suspecte.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais plus que mode de connaissance, la po\u00e9sie est d&rsquo;abord mode de vie \u2013 et de vie int\u00e9grale. Le po\u00e8te existait dans l&rsquo;homme des cavernes, il existera dans l&rsquo;homme des \u00e2ges atomiques parce qu&rsquo;il est part irr\u00e9ductible de l&rsquo;homme. De l&rsquo;exigence po\u00e9tique, exigence spirituelle, sont n\u00e9es les religions elles-m\u00eames, et par la gr\u00e2ce po\u00e9tique, l&rsquo;\u00e9tincelle du divin vit \u00e0 jamais dans le silex humain. <strong>Quand les mythologies s&rsquo;effondrent, c&rsquo;est dans la po\u00e9sie que trouve refuge le divin<\/strong> ; peut-\u00eatre m\u00eame son relais. Et jusque dans l&rsquo;ordre social et l&rsquo;imm\u00e9diat humain, quand les Porteuses de pain de l&rsquo;antique cort\u00e8ge c\u00e8dent le pas aux Porteuses de flambeaux, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;imagination po\u00e9tique que s&rsquo;allume encore la haute passion des peuples en qu\u00eate de clart\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fiert\u00e9 de l&rsquo;homme en marche sous sa charge d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ! Fiert\u00e9 de l&rsquo;homme en marche sous son fardeau d&rsquo;humanit\u00e9, quand pour lui s&rsquo;ouvre un humanisme nouveau, d&rsquo;universalit\u00e9 r\u00e9elle et d&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 psychique &#8230; Fid\u00e8le \u00e0 son office, qui est l&rsquo;approfondissement m\u00eame du myst\u00e8re de l&rsquo;homme, la po\u00e9sie moderne s&rsquo;engage dans une entreprise dont la poursuite int\u00e9resse la pleine int\u00e9gration de l&rsquo;homme. Il n&rsquo;est rien de pythique dans une telle po\u00e9sie. Rien non plus de purement esth\u00e9tique. Elle n&rsquo;est point art d&#8217;embaumeur ni de d\u00e9corateur. Elle n&rsquo;\u00e9l\u00e8ve point des perles de culture, ne trafique point de simulacres ni d&#8217;embl\u00e8mes, et d&rsquo;aucune f\u00eate musicale elle ne saurait se contenter. <strong>Elle s&rsquo;allie, dans ses voies, la beaut\u00e9, supr\u00eame alliance, mais n&rsquo;en fait point sa fin ni sa seule p\u00e2ture. Se refusant \u00e0 dissocier l&rsquo;art de la vie, ni de l&rsquo;amour la connaissance, elle est action, elle est passion, elle est puissance, et novation toujours qui d\u00e9place les bornes<\/strong>. L&rsquo;amour est son foyer, l&rsquo;insoumission sa loi, et son lieu est partout, dans l&rsquo;anticipation. Elle ne se veut jamais absence ni refus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle n&rsquo;attend rien pourtant des avantages du si\u00e8cle. Attach\u00e9e \u00e0 son propre destin, et libre de toute id\u00e9ologie, elle se conna\u00eet \u00e9gale \u00e0 la vie m\u00eame, qui n&rsquo;a d&rsquo;elle-m\u00eame \u00e0 justifier. Et c&rsquo;est d&rsquo;une m\u00eame \u00e9treinte, comme une seule grande strophe vivante, qu&rsquo;elle embrasse au pr\u00e9sent tout le pass\u00e9 et l&rsquo;avenir, l&rsquo;humain avec le surhumain, et tout l&rsquo;espace plan\u00e9taire avec l&rsquo;espace universel. L&rsquo;obscurit\u00e9 qu&rsquo;on lui reproche ne tient pas \u00e0 sa nature propre, qui est d&rsquo;\u00e9clairer, mais \u00e0 la nuit m\u00eame qu&rsquo;elle explore, et qu&rsquo;elle se doit d&rsquo;explorer : celle de l&rsquo;\u00e2me elle-m\u00eame et du myst\u00e8re o\u00f9 baigne l&rsquo;\u00eatre humain. Son expression toujours s&rsquo;est interdit l&rsquo;obscur, et cette expression n&rsquo;est pas moins exigeante que celle de la science.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, par son adh\u00e9sion totale \u00e0 ce qui est, le po\u00e8te tient pour nous liaison avec la permanence et l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;\u00catre. Et sa le\u00e7on est d&rsquo;optimisme. Une m\u00eame loi d&rsquo;harmonie r\u00e9git pour lui le monde entier des choses. Rien n&rsquo;y peut advenir qui par nature exc\u00e8de la mesure de l&rsquo;homme. Les pires bouleversements de l&rsquo;histoire ne sont que rythmes saisonniers dans un plus vaste cycle d&rsquo;encha\u00eenements et de renouvellements. Et les Furies qui traversent la sc\u00e8ne, torche haute, n&rsquo;\u00e9clairent qu&rsquo;un instant du tr\u00e8s long th\u00e8me en cours. <strong>Les civilisations m\u00fbrissantes ne meurent point des affres d&rsquo;un automne, elles ne font que muer. L&rsquo;inertie seule est mena\u00e7ante. Po\u00e8te est celui-l\u00e0 qui rompt pour nous l&rsquo;accoutumance.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est ainsi que le po\u00e8te se trouve aussi li\u00e9, malgr\u00e9 lui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement historique. Et rien du drame de son temps ne lui est \u00e9tranger. Qu&rsquo;\u00e0 tous il dise clairement le go\u00fbt de vivre ce temps fort ! Car l&rsquo;heure est grande et neuve, o\u00f9 se saisir \u00e0 neuf. Et \u00e0 qui donc c\u00e9derions- nous l&rsquo;honneur de notre temps ? &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Ne crains pas \u00bb, dit l&rsquo;Histoire, levant un jour son masque de violence \u2013 et de sa main lev\u00e9e elle fait ce geste conciliant de la Divinit\u00e9 asiatique au plus fort de sa danse destructrice. \u00ab Ne crains pas, ni ne doute \u2013 car le doute est st\u00e9rile et la crainte est servile. Ecoute plut\u00f4t ce battement rythmique que ma main haute imprime, novatrice, \u00e0 la grande phrase humaine en voie toujours de cr\u00e9ation.<strong> Il n&rsquo;est pas vrai que la vie puisse se renier elle-m\u00eame<\/strong>. Il n&rsquo;est rien de vivant qui de n\u00e9ant proc\u00e8de, ni de n\u00e9ant s&rsquo;\u00e9prenne. Mais rien non plus ne garde forme ni mesure, sous l&rsquo;incessant afflux de l&rsquo;\u00catre. La trag\u00e9die n&rsquo;est pas dans la m\u00e9tamorphose elle-m\u00eame.<strong> Le vrai drame du si\u00e8cle est dans l&rsquo;\u00e9cart qu&rsquo;on laisse cro\u00eetre entre l&rsquo;homme temporel et l&rsquo;homme intemporel<\/strong>. L&rsquo;homme \u00e9clair\u00e9 sur un versant va-t-il s&rsquo;obscurcir sur l&rsquo;autre ? Et sa maturation forc\u00e9e, dans une communaut\u00e9 sans communion, ne sera-t-elle que fausse maturit\u00e9 ? &#8230; \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au po\u00e8te indivis d&rsquo;attester parmi nous la double vocation de l&rsquo;homme. Et c&rsquo;est hausser devant l&rsquo;esprit un miroir plus sensible \u00e0 ses chances spirituelles. C&rsquo;est \u00e9voquer dans le si\u00e8cle m\u00eame une condition humaine plus digne de l&rsquo;homme originel. C&rsquo;est associer enfin plus largement l&rsquo;\u00e2me collective \u00e0 la circulation de l&rsquo;\u00e9nergie spirituelle dans le monde &#8230; <strong>Face \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, la lampe d&rsquo;argile du po\u00e8te suffira-t-elle \u00e0 son propos ? Oui, si d&rsquo;argile se souvient l&rsquo;homme.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est assez, pour le po\u00e8te, d&rsquo;\u00eatre la mauvaise conscience de son temps.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe class='youtube-player' width='860' height='484' src='https:\/\/www.youtube.com\/embed\/oqN5o69RCkk?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent' allowfullscreen='true' style='border:0;' sandbox='allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation'><\/iframe><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Allocution prononc\u00e9e par le po\u00e8te Saint-John Perse\u00a0le 10 d\u00e9cembre 1960 lors de la remise du prix Nobel de litt\u00e9rature. &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai accept\u00e9 pour la po\u00e9sie l&rsquo;hommage qui lui est ici rendu, et que j&rsquo;ai h\u00e2te de lui restituer. 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