{"id":1332,"date":"2014-01-28T23:08:06","date_gmt":"2014-01-28T23:08:06","guid":{"rendered":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.wordpress.com\/?p=1332"},"modified":"2026-02-08T23:55:50","modified_gmt":"2026-02-08T23:55:50","slug":"le-folklore-de-lhellebore-etude-symbolico-botanique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=1332","title":{"rendered":"Le folklore de l&rsquo;Hell\u00e9bore (\u00e9tude symbolico-botanique)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image wp-image-4513 size-medium\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"190\" height=\"300\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-illustration_helleborus_niger0-1.jpg?resize=190%2C300\" alt=\"290px-illustration_helleborus_niger0\" class=\"wp-image-4513\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-illustration_helleborus_niger0-1.jpg?w=190&amp;ssl=1 190w, https:\/\/i2.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-illustration_helleborus_niger0-1.jpg?resize=160%2C253&amp;ssl=1 160w\" sizes=\"(max-width: 190px) 100vw, 190px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption><strong>fig.1<\/strong> Planche botanique de l&rsquo;Hell\u00e9bore (<em>Helleborus Niger<\/em>)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><i>&laquo;&nbsp;Il \u00e9tait bien rare que Sido n\u2019e\u00fbt pas trouv\u00e9 dans le jardin, vivaces \u00e9panouies sous la neige, les fleurs de l\u2019ell\u00e9bore que nous appelons rose de No\u00ebl. En bouquet au centre de la table, leurs boutons clos, ovales, violent\u00e9s par la chaleur du beau feu, s\u2019ouvraient avec une saccade m\u00e9canique qui \u00e9tonnait les chats et que je guettais comme eux.&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/i><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Colette, <i>De ma fen\u00eatre<\/i>, 1942.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Myst\u00e9rieuse et \u00e9trange plante que l\u2019hell\u00e9bore (fig.1) qui s\u2019\u00e9crit tant\u00f4t avec un &laquo;&nbsp;h&nbsp;&raquo;, tant\u00f4t sans, qui est tant\u00f4t masculine, tant\u00f4t f\u00e9minine<\/strong>. Plante de bonheur et malheur de plante ! Le genre f\u00e9minin sera pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 dans cet article qui se penche sur son histoire &nbsp;et &nbsp;l\u2019orthographe la plus moderne sera adopt\u00e9e bien que Colette, comme Jean de La Fontaine, parlent tous deux de l\u2019 &laquo;&nbsp;Ell\u00e9bore&nbsp;&raquo;. En effet, qui ne se souvient pas des vers issus du <i>Li\u00e8vre et de la Tortue<\/i> du c\u00e9l\u00e8bre fabuliste&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><i>&nbsp;Rien ne sert de courir ; il faut partir \u00e0 point.\u2028<\/i><br><i>Le Li\u00e8vre et la Tortue en sont un t\u00e9moignage.\u2028<\/i><br><i>Gageons, dit celle-ci, que vous n&rsquo;atteindrez point\u2028<\/i><br><i>Sit\u00f4t que moi ce but. Sit\u00f4t ? Etes-vous sage ?\u2028<\/i><br><i>Repartit l&rsquo;animal l\u00e9ger.\u2028<\/i><br><strong><i>Ma comm\u00e8re, il vous faut purger\u2028<\/i><\/strong><br><i><strong>Avec quatre grains d&rsquo;ell\u00e9bore.<\/strong>\u2028-<\/i><br><i>Sage ou non, je parie encore. (\u2026&nbsp;)&nbsp;<\/i><\/p>\n\n\n\n<p><b><i>Histoire botanique et culture de l&rsquo;hell\u00e9bore<\/i><\/b><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-4517 size-medium\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"191\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?resize=300%2C191\" alt=\"le lievre et la tortue\" class=\"wp-image-4517\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?resize=300%2C191&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?resize=768%2C489&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?resize=560%2C356&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?resize=260%2C165&amp;ssl=1 260w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?resize=160%2C102&amp;ssl=1 160w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/le-lievre-et-la-tortue.jpg?w=817&amp;ssl=1 817w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption><strong>fi<\/strong><strong>g.2<\/strong> <em><strong>&laquo;&nbsp;Ma comm\u00e8re, il vous faut purger\u2028 avec quatre grains d&rsquo;ell\u00e9bore\u2028<\/strong><\/em>&nbsp;&raquo; extrait du <em>Li\u00e8vre et la Tortue<\/em>, fable de Jean de La Fontaine<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><span style=\"text-align: justify; line-height: 1.5em;\">Il faut savoir que la famille des hell\u00e9bores (<em>Helleborus<\/em>) est compos\u00e9e de &nbsp;soeurs vari\u00e9es. Elle se caract\u00e9rise par un nombre incalculable d\u2019esp\u00e8ces en se regroupant au sein d\u2019une autre famille plus vaste encore: les Renonculac\u00e9es (<\/span><i style=\"text-align: justify; line-height: 1.5em;\">Ranunculaceae<\/i><span style=\"text-align: justify; line-height: 1.5em;\">). <strong>Plante d\u00e9corative et ornementale qui d\u00e9cline un \u00e9ventail de verts s\u00e9duisants, ce sous-arbrisseau&nbsp;fut introduit par les Romains en Europe<\/strong>. On la trouve ensuite dans la flore m\u00e9di\u00e9vale, notamment \u00e0 travers la plus c\u00e9l\u00e8bre d\u2019entre elles, la fameuse <strong>Rose de No\u00ebl<\/strong>&nbsp;qui a la r\u00e9putation de vivre plus d\u2019un si\u00e8cle et d\u2019accepter les coins des jardins les plus d\u00e9favoris\u00e9s. Rustique, c\u2019est une des rares fleurs qui aime l\u2019ombre, ou plut\u00f4t la mi-ombre, car elle appr\u00e9cie tout de m\u00eame le soleil. Plante de bordure au magnifique feuillage lanc\u00e9ol\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement persistant, on la distingue avec ses inflorescences d\u2019environ 30-35 cm de hauteur. Mais chaque esp\u00e8ce a ses particularit\u00e9s.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019id\u00e9al est de planter des hell\u00e9bores entre septembre et mars (mais surtout \u00e0 l\u2019automne) dans un sol consistant, bien drain\u00e9 enrichi de mati\u00e8re organique (compost, terreau)<\/strong>. Le hell\u00e9bores aiment le calcaire, aussi ne faut-il pas h\u00e9siter \u00e0 mettre des coquilles d\u2019hu\u00eetres broy\u00e9es et de l\u2019humus aux pieds de ces gourmandes. Il est conseill\u00e9 d&rsquo;acheter les plants en godets portant d\u00e9j\u00e0 une fleur dans des p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es et surtout d&rsquo;\u00e9viter la culture en pot qui les laisserait naines. Vite au jardin !<strong> On peut aussi les multiplier par semis ou en effectuant une division des touffes \u00e2g\u00e9es apr\u00e8s la floraison, au mois de septembre<\/strong>. La distance moyenne de plantation est de 50-60 cm entre chaque plant, mais l\u2019hell\u00e9bore accepte la concurrence des autres racines. Une hell\u00e9bore solitaire para\u00eet toujours un peu triste dans son coin de jardin&nbsp;: mieux vaut \u00e9viter de la planter seule car elle aime la compagnie de ses s\u0153urs. Pourquoi donc l\u2019en priver ? On peut couper le vieux feuillage en avril ou en mai, juste apr\u00e8s la floraison.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette coquette rustique demandera \u00e0 demeurer les pieds dans une terre humide, aussi faudra-t-il l\u2019abreuver en cas de forte chaleur, et pailler le sol avec de l\u2019\u00e9corce \u00e0 partir du mois de mai pour garder ses jambes au frais. Elle peut \u00e9ventuellement attirer certains pucerons qui demanderont \u00e0 \u00eatre \u00e9loign\u00e9s. J.P.Collaert conseille de conserver une tige et de la laisser grainer apr\u00e8s la floraison: &laquo;&nbsp;<i>\u00c9pargnez une hampe de fruits en formation pour favoriser les semis spontan\u00e9s, qui r\u00e9servent de bonnes surprises, mais fleurissent seulement au bout de deux ou trois ans. L\u2019hell\u00e9bore f\u00e9tide est le champion du genre&nbsp;<\/i>(1).&nbsp;&raquo;<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Choisir un p\u00e9pini\u00e9riste comp\u00e9tent<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Certaines p\u00e9pini\u00e8res proposent des collections fascinantes d\u2019hell\u00e9bores, notamment celle de Martine et Francis Lemonnier qui sont les sp\u00e9cialistes du genre en d\u00e9tenant la plus grande collection europ\u00e9enne d\u2019hell\u00e9bores dans les <a href=\"http:\/\/jardin-de-bellevue.e-monsite.com\/pages\/les-hellebores-aux-jardins-de-bellevue.html\">Jardins de Bellevue<\/a>. Christian Geoffroy et Nadine Albouy sont aussi des r\u00e9f\u00e9rences en la mati\u00e8re \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.pepiniere-ellebore.fr\">p\u00e9pini\u00e8re Saint-Jouin-de-Blavou<\/a>. Les&nbsp;Jardins du Morvan proposent ponctuellement de d\u00e9couvrir des <a href=\"http:\/\/www.jardindumorvan.com\/index.cfm\">vari\u00e9t\u00e9s int\u00e9ressantes d&rsquo;hell\u00e9bores <\/a>mais cela d\u00e9pend du choix du tr\u00e8s comp\u00e9tent Thierry Denis dont les catalogues varient avec bonheur.<\/p>\n\n\n\n<p><b><i>Propri\u00e9t\u00e9s&nbsp;<\/i><\/b><\/p>\n\n\n\n<p><strong><br>Du&nbsp;grec<i> hele\u00efn<\/i>: &laquo;&nbsp;faire mourir&nbsp;&raquo; et<i> bora&nbsp;<\/i>: &laquo;&nbsp;nourriture\/ fourrage\/aliment&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-\u00e0-dire plante v\u00e9n\u00e9neuse, l\u2019hell\u00e9bore est une plante mellif\u00e8re mais toxique<\/strong>. Les abeilles ne s\u2019en approchent pas sans danger. Ing\u00e9r\u00e9e, elle est susceptible de donner des convulsions et des troubles cardiaques. Un simple contact avec la racine, les fleurs ou les feuilles peut provoquer des plaques douloureuses.<strong> Elle a longtemps \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e comme vermifuge dans la m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire et militaire, mais elle est surtout un purgatif violent dont la graine noire aurait aussi la r\u00e9putation de soigner la folie<\/strong> (<i>elleboros <\/i>signifie &laquo;&nbsp;plante utilis\u00e9e contre la d\u00e9mence&nbsp;&raquo;). Pourquoi le li\u00e8vre de La Fontaine conseille \u00e0 la tortue de se purger avec quatre grains d\u2019hell\u00e9bore <strong>(fig.2)<\/strong>? Par ironie moqueuse bien s\u00fbr mais aussi en jouant sur les mots&nbsp;: il \u00e9tait autrefois conseill\u00e9 de se purger avec une dose de deux graines d\u2019hell\u00e9bores. En multipliant le chiffre, la tortue peut pr\u00e9tendre se purger tout en soignant sa folie. \u00c9rasme, dans son<em>&nbsp;\u00c9loge de la Folie<\/em> fait une satire contre les mauvais orateurs en leur conseillant de prendre un grain d&rsquo;hell\u00e9bore au lieu de crier en for\u00e7ant sur la voix haute qui rend leurs discours inaudibles : <em>&laquo;&nbsp;Ils commencent de fa\u00e7on \u00e0 ne pas s&rsquo;entendre eux-m\u00eames, excellente m\u00e9thode pour n&rsquo;\u00eatre compris de personne. On leur a dit que, pour remuer les passions, il fallait \u00e9lever le ton ; pour ob\u00e9ir au pr\u00e9cepte, au moment o\u00f9 on s&rsquo;y attend le moins, ils passent tout \u00e0 coup \u00e0 des \u00e9clats furieux. <strong>Ce serait bien le cas de leur offrir un grain d&rsquo;hell\u00e9bore<\/strong> ; mais crier pour les arr\u00eater, ce serait peine perdue <\/em>(1bis)<em>.&nbsp;&raquo;<\/em>&nbsp;L\u2019hell\u00e9bore &laquo;&nbsp;tient en \u00e9tat de veille&nbsp;&raquo; selon Rabelais, qui se moque ironiquement de la m\u00e9decine de son temps.&nbsp;En hom\u00e9opathie, il existe une teinture pr\u00e9par\u00e9e avec le rhizome de l\u2019hell\u00e9bore qui soigne les troubles nerveux. Comme le rappelle A. Foucaud, <strong>Dioscoride attribue \u00e0 M\u00e9lampode la d\u00e9couverte des vertus \u00e9tranges de l\u2019hell\u00e9bore<\/strong>: &laquo;&nbsp;<i>Ayant remarqu\u00e9 que le lait de ses ch\u00e8vres devenaient purgatif quand elles avaient brout\u00e9 de l\u2019hell\u00e9bore, M\u00e9lampe sut en faire boire aux trois filles de Proetus, roi d\u2019Argos&nbsp;: Lysipe, Iphino\u00eb et Iphianassa devenues folles par suite de la col\u00e8re de Bacchus. Ces Proetides qui, nous conte Virgile dans la sixi\u00e8me Bucolique, se croyaient chang\u00e9es en g\u00e9nisses et couraient \u00e0 travers champs en poussant des beuglements, auraient \u00e9t\u00e9 ainsi d\u00e9livr\u00e9es de leur d\u00e9mence<\/i>(2).&nbsp;&raquo;<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Ne pas confondre V\u00e9r\u00e2tre Blanc e<\/strong><strong>t hell\u00e9bor<\/strong><strong>e<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image size-medium wp-image-4512\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"189\" height=\"300\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-Illustration_Veratrum_album0_clean.jpg?resize=189%2C300\" alt=\"V\u00e9r\u00e2tre ou V\u00e9raire blanc (Veratrum album) Famille des Liliac\u00e9es\" class=\"wp-image-4512\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-Illustration_Veratrum_album0_clean.jpg?resize=189%2C300&amp;ssl=1 189w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-Illustration_Veratrum_album0_clean.jpg?resize=260%2C413&amp;ssl=1 260w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-Illustration_Veratrum_album0_clean.jpg?resize=160%2C254&amp;ssl=1 160w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/290px-Illustration_Veratrum_album0_clean.jpg?w=290&amp;ssl=1 290w\" sizes=\"(max-width: 189px) 100vw, 189px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption><strong>fig.3<\/strong> V\u00e9r\u00e2tre ou V\u00e9raire blanc (<em>Veratrum album<\/em>)<br>Famille des Liliac\u00e9es<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Aulus Cornelius Celsus, contemporain de Dioscoride, dans <i>De Re Medica<\/i>, propose de combattre les hallucinations morbides avec de l\u2019hell\u00e9bore noire (Rose de No\u00ebl, famille des Renonculac\u00e9es) et les hallucinations joyeuses avec de l\u2019hell\u00e9bore blanche, (<i>Veratrum album<\/i>, famille des Liliac\u00e9es, <strong>fig.3<\/strong>).<strong> ll est<\/strong>&nbsp;<strong>dit commun\u00e9ment que l\u2019hell\u00e9bore contient un narcotique qui entre dans composition de la poudre \u00e0 \u00e9ternuer mais il s\u2019agit en fait du v\u00e9r\u00e2tre ou V\u00e9raire blanc (<i>Veratrum album<\/i>) appel\u00e9 improprement hell\u00e9bore blanc, qui est de la famille des Liliac\u00e9es<\/strong>. Il contient des alcalo\u00efdes proto-v\u00e9ratrine et germarine, qui provoquent l\u2019irritation des nerfs dans l\u2019\u00e9piderme. Il suffit d\u20191\/50 000 g dans le nez pour engendrer des \u00e9ternuements&nbsp;! Les alcalo\u00efdes du V\u00e9raire blanc sont de violents narcotiques qui entraient dans la fabrication de certaines fl\u00e8ches empoisonn\u00e9es de l\u2019Antiquit\u00e9. Le v\u00e9r\u00e2tre en poudre (ou &laquo;&nbsp;c\u00e9vadille\/s\u00e9badille&nbsp;&raquo;) issu d\u2019une hell\u00e9bore d\u2019Am\u00e9rique Centrale (<i>Veratrum Sabadilla<\/i>\/<i>Schoenocaulon officinale<\/i>) est int\u00e9gr\u00e9 dans la composition d\u2019une pommade destin\u00e9e \u00e0 soigner les ecz\u00e9mas de Napol\u00e9on Ier. On en faisait la c\u00e9l\u00e8bre &laquo;&nbsp;poudre de capucin (ou des Capucins)&nbsp;&raquo; pour traiter les parasitoses, gales et teignes (3), que l&rsquo;on trouve dans les collections de pots d&rsquo;apothicaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Religion, magie et m\u00e9decine ne sont jamais loin quand il s\u2019agit de l\u2019hell\u00e9bore: on la plante au seuil des maisons pour conjurer le mauvais sort, \u00e9loigner les sorci\u00e8res et la folie<\/strong>. Quand Saint Martin, contraint de s\u2019exiler, se retire dans l\u2019\u00eele de Gallinara, Sulpice S\u00e9v\u00e8re pr\u00e9tend qu\u2019il prit un jour de l\u2019hell\u00e9bore &laquo;&nbsp;<i>plante v\u00e9n\u00e9neuse, mais sentant la violence du poison l\u2019attaquer et la mort d\u00e9j\u00e0 prochaine, il repoussa par la menace ce p\u00e9ril&nbsp;<\/i>(4)&nbsp;&raquo;.<i> <\/i>Contre les morsures des vip\u00e8res, les bergers de Haute-Provence choisissent l\u2019hell\u00e9bore &nbsp;&laquo;&nbsp;\u00e0 neuf feuilles&nbsp;&raquo;. C\u2019est aussi la fleur des empoisonneuses, et celle des alchimistes.&nbsp;<strong>Incantations, formules magiques ou pri\u00e8res entourent encore aujourd\u2019hui de myst\u00e8re cette plante aux vertus tant\u00f4t b\u00e9n\u00e9fiques tant\u00f4t mal\u00e9fiques.&nbsp;<\/strong>Dans le langage des fleurs, offrir une hell\u00e9bore blanche peut signifier l\u2019esp\u00e9rance d\u2019une r\u00e9ponse favorable \u00e0 une demande en mariage&nbsp;; l\u2019hell\u00e9bore noire crie : &laquo;&nbsp;<i>mettez fin \u00e0 mes tourments&nbsp;&raquo;<\/i>. C\u2019est aussi un symbole de &laquo;&nbsp;bel esprit&nbsp;&raquo;.&nbsp;Dans le calendrier r\u00e9publicain, le 11e jour du mois de pluvi\u00f4se (20-21 janvier au 18-19 f\u00e9vrier) \u00e9tait d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;hell\u00e9bore.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image size-medium wp-image-4514\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"236\" height=\"300\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/5cd7e93c51f3b1f3a46e0b0b4151f571.jpg?resize=236%2C300\" alt=\"William Dobson (1817-1898) Roses de No\u00ebl, (Christmas Roses) 1881, peinture de \" class=\"wp-image-4514\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/5cd7e93c51f3b1f3a46e0b0b4151f571.jpg?resize=236%2C300&amp;ssl=1 236w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/5cd7e93c51f3b1f3a46e0b0b4151f571.jpg?resize=260%2C331&amp;ssl=1 260w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/5cd7e93c51f3b1f3a46e0b0b4151f571.jpg?resize=160%2C204&amp;ssl=1 160w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/5cd7e93c51f3b1f3a46e0b0b4151f571.jpg?w=393&amp;ssl=1 393w\" sizes=\"(max-width: 236px) 100vw, 236px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption><strong>fig.4<\/strong> William Dobson (1817-1898) <strong><em>Roses de No\u00ebl<\/em> (<em>Christmas Roses<\/em>)<\/strong> 1881, aquarelle et crayon, collection particuli\u00e8re \u00a9Artnet<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><b><i>Quelques hell\u00e9bores<\/i><\/b><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9voquons quelques esp\u00e8ces les plus connues des princesses hell\u00e9bores&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><i>Helleborus Niger blanche, <\/i>dite &laquo;&nbsp;<i>Rose de No\u00ebl&nbsp;&raquo;<\/i><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Incontestablement, l\u2019hell\u00e9bore la plus c\u00e9l\u00e8bre et la plus po\u00e9tique, qui fleurit rarement \u00e0 No\u00ebl mais plut\u00f4t entre le mois de janvier et d\u2019avril.<strong> Elle d\u00e9ploie en hiver ses grandes fleurs blanches en coupes inclin\u00e9es qui se teintent au fur et \u00e0 mesure du temps d\u2019un rose ancien au charme romanesque, pouvant aller jusqu&rsquo;au pourpre<\/strong>. Sa tige florale tigr\u00e9e de rouge est superbe. On l\u2019appelle <i>Niger<\/i>, car ses racines sont noires. Pr\u00e9sente en Europe et plus sp\u00e9cialement en Suisse, en Italie, en Yougoslavie et en Allemagne, elle fait environ 30 cm de hauteur en d\u00e9ployant un feuillage palm\u00e9 extr\u00eamement d\u00e9coratif, avec ses folioles lanc\u00e9ol\u00e9s \u00e0 rebords dentel\u00e9s. Gertrud Jekyll l\u2019associe volontiers dans ses <i>mixed-borders<\/i> avec les<i> Eranthis hyemalis <\/i>et des foug\u00e8res en arri\u00e8re-plan. <strong>Notons que c\u2019est une esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e qui r\u00e9clame que l\u2019on prenne soin d\u2019elle et que l\u2019on \u00e9vite les cueillettes intempestives<\/strong>. Fleur associ\u00e9e \u00e0 la f\u00eate de No\u00ebl, on la trouve souvent dans les illustrations et all\u00e9gories de la saison hivernale comme le fait William Dobson dans <em>Roses de No\u00ebl<\/em> (<strong>fig.4<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><i>Helleborus foetidus,<\/i> dite l\u2019Hell\u00e9bore f\u00e9tide\/puante ou \u00e9pied de&nbsp;griffonn\u00e9, &laquo;&nbsp;Rose-de-serpent&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Patte d\u2019ours&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Mors-cheval&nbsp;&raquo;.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plante vivace de 30 \u00e0 60 cm, persistant en hiver, sa mauvaise odeur n\u2019est pas une raison de l\u2019\u00e9loigner du jardin&nbsp;! Elle fleurit de janvier \u00e0 mai en \u00e9panouissant en grappes ses clochettes d\u2019un jaune ou vert de Chypre-rouge\u00e2tre. On distingue son beau feuillage coriace \u00e0 folioles \u00e9troits (7 \u00e0 11) d\u00e9ployant des segments lanc\u00e9ol\u00e9s et verniss\u00e9s. Margery Fish (1892-1969) souligne que le feuillage des hell\u00e9bores brunit en hiver mais que l\u2019hell\u00e9bore f\u00e9tide conserve le sien brillant (5). <strong>Il ne faut donc pas s\u2019inqui\u00e9ter si sa grande tige pend d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment pendant la saison froide, car elle va se redresser avec vigueur au printemps.<\/strong> Tr\u00e8s rustique, elle se naturalise facilement en essaimant ses graines dans le vent, pour coloniser les lisi\u00e8res et les sous-bois, non loin des foug\u00e8res. Les serpents aimeraient, para\u00eet-il s&rsquo;y lover\u2026d&rsquo;o\u00f9 son surnom &laquo;&nbsp;Rose-de-Serpent&nbsp;&raquo;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><i>Helleborus argutifolius\/corsicus, <\/i>&nbsp;dite l\u2019Hell\u00e9bore de Corse.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sente en Sardaigne, dans les maquis corses, elle d\u00e9veloppe des buissons d\u2019environ 80 cm de hauteur, avec des tiges de 75 cm et&nbsp; des petites fleurs de 2,5 cm de diam\u00e8tre couleur vert tilleul et chartreuse. Son large feuillage gris-vert fonc\u00e9 se caract\u00e9rise par un bord dent\u00e9 et \u00e9pineux. <strong>L\u2019hell\u00e9bore de Corse a une floraison de courte dur\u00e9e, entre janvier et juin mais elle se ress\u00e8me facilement &nbsp;et appr\u00e9cie le bord des ruisseaux.<\/strong> Anita Pereire recommande de la marier avec des mahonias, des narcisses, et des lierres panach\u00e9s d\u2019or (6).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><i>Helleborus Orientali<\/i><strong><i>s<\/i><\/strong>, dite \u00ab&nbsp;Rose de car\u00eame&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une plante qui s\u2019hybride facilement, avec des hampes aux fleurs blanc-vert-ros\u00e2tres d\u2019environ 60 cm de hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><i>Helleborus Purpurascens<\/i><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette esp\u00e8ce plus rustique que l\u2019on trouve dans les pays de l\u2019Est (Hongrie Tch\u00e9coslovaquie, Roumanie, Pologne ou Ukraine), d\u00e9ploie des fleurs au vert glauque et pourpre \u00e0 partir de mars\/avril.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><i>Et les autres&#8230;<\/i><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image size-medium wp-image-4511\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" width=\"232\" height=\"300\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/595b57428456142d65662fd35743a6fc.png?resize=232%2C300\" alt=\"Walter Crane (1845-1915), La Rose de No\u00ebl (Christmas Rose) illustration pour Flora's Feast, A Masque of Flowers, 1889 \u00a9Cassell &amp; Company Limited\" class=\"wp-image-4511\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/595b57428456142d65662fd35743a6fc.png?resize=232%2C300&amp;ssl=1 232w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/595b57428456142d65662fd35743a6fc.png?resize=260%2C336&amp;ssl=1 260w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/595b57428456142d65662fd35743a6fc.png?resize=160%2C207&amp;ssl=1 160w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/595b57428456142d65662fd35743a6fc.png?w=288&amp;ssl=1 288w\" sizes=\"(max-width: 232px) 100vw, 232px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption><strong>fig.5<\/strong> Walter Crane (1845-1915), <em><strong>La Rose de No\u00ebl (Christmas Ros<\/strong><strong>e<\/strong>)<\/em> illustration pour<em> Flora&rsquo;s Feast, A Masque of Flowers<\/em>, 1889 \u00a9Cassell &amp; Company Limited<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans son jardin saisonnier \u00e0 Munstead Wood (Surrey), Gertrud Jekyll \u00e9voque le moment o\u00f9 les pivoines surgissent des feuilles des hell\u00e9bores: &laquo;&nbsp;<i>D\u00e9but f\u00e9vrier, c\u2019est la p\u00e9riode de floraison des diff\u00e9rentes hell\u00e9bores de jardin&nbsp;:&nbsp;<\/i>H.olympicus, H.orientalis, H.abchasicus et H. atrorubens.<i>&nbsp;En g\u00e9n\u00e9ral, leurs fleurs ont des tons rouges l\u00e9g\u00e8rement pourpr\u00e9s et poss\u00e8dent quelques taches plus fonc\u00e9es. Il est difficile de fixer ces couleurs, car ces plantes ont tendances \u00e0 se croiser entre elles. <strong>Ce qui est d\u2019ailleurs charmant, lorsque des vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 fleurs blanches se marient avec des pourpres, car cela donne des fleurs tachet\u00e9es<\/strong>&nbsp;<\/i>(7).&nbsp;&raquo;<\/p>\n\n\n\n<p>Citons aussi parmi les nombreuses esp\u00e8ces&nbsp;: l\u2019<i>H.viridis,<\/i> l\u2019<i>H.vesicarius<\/i>, l\u2019H<i>. multifidus, <\/i>l\u2019H<i>. cyclophyllus, <\/i>l\u2019<i>H.lividus<\/i> (que l\u2019on trouve \u00e0 Majorque avec un feuillage plus arrondi), l\u2019<i>H.atrorubens<\/i> (feuillage caduque et aux fleurs pourpres\/verd\u00e2tres). On peut trouver chez les p\u00e9pini\u00e9ristes sp\u00e9cialis\u00e9s des hell\u00e9bores exotiques comme l\u2019<i>H. abchasicus <\/i>(Caucase), l\u2019<i>H.thibetanus <\/i>rapport\u00e9e par le p\u00e8re David de Chine (Sichuan).<\/p>\n\n\n\n<p>Longue vie \u00e0 l&rsquo;hell\u00e9bore et \u00e0 son folklore qui demande \u00e0 \u00eatre toujours plus connu, aim\u00e9, enseign\u00e9 et dessin\u00e9 comme le fit de mani\u00e8re si \u00e9l\u00e9gante l&rsquo;illustrateur Walter Crane dans <em>Flora&rsquo;s Feast <\/em>(<strong>fig.5<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9 GLSG, le 29 janvier 2014<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(1)&nbsp; J.-P. Collaert, <i>Le Jardin comme on l\u2019aime<\/i>, Edisud, 2001, p.286.<br>(1bis) &nbsp;\u00c9rasme, <em>L&rsquo;\u00c9loge de la Folie, <\/em>BNF,&nbsp;(1508) 1902, p.34.<br>(2)&nbsp; A. Foucaud, <i>Sur l\u2019hell\u00e9bore des anciens<\/i>, <i>Revue d\u2019histoire de la pharmacie<\/i>, 1960, vol.48, n\u00b0165, p.328-330, 328.<br>(3)&nbsp; Fran\u00e7ois Chast, <i>Napol\u00e9on et la c\u00e9vadille<\/i>[Question CCXXV, Les m\u00e9dicaments utilis\u00e9s par Napol\u00e9on Ier], <i>Revue d\u2019histoire de la pharmacie<\/i>, 1999, vol.87, n\u00b0322, p.295.<br>(4)&nbsp; Aline Rousselle, <i>Du sanctuaire au thaumaturge&nbsp;: la gu\u00e9rison en Gaule au IVe si\u00e8cle<\/i>, <i>Annales, Economies, Soci\u00e9t\u00e9s, Civilisations<\/i>, 1976, vol.31, n\u00b06, pp.1085-1107, 1097.<br>(5)&nbsp; Margery Fish, <i>A Flower for everyday<\/i>, Faber &amp; Faber, (1965), 1981, p.172.<br>(6)&nbsp; Anita Pereire<i>, Fleurs &amp; Jardins<\/i>, Hachette (1988), 1992, p.169.<br>(7)&nbsp; Gertrude, Jekyll <i>Propos sur le jardin<\/i>, (\u00ab&nbsp;<i>A Gardener\u2019s Testament&nbsp;<\/i>\u00bb, trad. fran\u00e7. Pierrick Le Louarn), La Maison Rustique, (1932), 1993, p.117.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;&nbsp;Il \u00e9tait bien rare que Sido n\u2019e\u00fbt pas trouv\u00e9 dans le jardin, vivaces \u00e9panouies sous la neige, les fleurs de l\u2019ell\u00e9bore que nous appelons rose de No\u00ebl. 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