{"id":2892,"date":"2015-01-21T22:33:45","date_gmt":"2015-01-21T22:33:45","guid":{"rendered":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=2892"},"modified":"2016-01-15T22:51:01","modified_gmt":"2016-01-15T22:51:01","slug":"lire-et-relire-chronique-n-28-la-pitie-dangereuse-de-stefan-zweig","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=2892","title":{"rendered":"LIRE ET RELIRE La piti\u00e9 dangereuse de Stefan Zweig"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2894\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg?resize=233%2C300\" alt=\"stf_stkmg_1933_fa_44_624x544\" width=\"233\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg?resize=233%2C300 233w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg?resize=260%2C335 260w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg?resize=160%2C206 160w, https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg?w=422 422w\" sizes=\"(max-width: 233px) 100vw, 233px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&laquo;&nbsp;M\u00eame aujourd\u2019hui, apr\u00e8s des ann\u00e9es, je n\u2019arrive pas \u00e0 fixer la limite o\u00f9 a fini ma maladresse et o\u00f9 a commenc\u00e9 ma faute.\u00a0Il est probable que je ne le saurai jamais.&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On prend toujours le m\u00eame plaisir \u00e0 lire un St\u00e9phane Zweig (1881-1942). C\u2019est un des rares \u00e9crivains dont la qualit\u00e9 d\u2019\u00e9criture et le g\u00e9nie de l\u2019invention ne se refroidissent pas d\u2019un ouvrage \u00e0 un autre. <em> La piti\u00e9 dangereuse<\/em> (<em>Ungeduld des herzens<\/em>), publi\u00e9 en 1939, est le seul roman achev\u00e9 de l\u2019\u00e9crivain autrichien plus connu pour ses nouvelles et ses biographies. Il traite d\u2019un th\u00e8me bien particulier, celui de la piti\u00e9, \u00e0 travers le r\u00e9cit d\u2019un personnage innocent qui va \u00eatre entra\u00een\u00e9 malgr\u00e9 lui \u00e0 commettre des erreurs, en p\u00e9chant par de bonnes intentions. Zweig d\u00e9crit tout au long de son ouvrage, haletant il faut le dire, le m\u00e9canisme fatal et l\u2019engrenage subtil qui conduisent le h\u00e9ros \u00e0 basculer d\u2019une vie banale \u00e0 une existence tourment\u00e9e \u00e0 cause d\u2019une maladresse anodine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le pouvoir de la piti\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9cit est \u00e9crit par le vieux soldat autrichien Anton Hofmiller qui raconte ses souvenirs. Il est jeune lieutenant de vingt-cinq ans au moment des faits. En novembre 1913, sa garnison s\u2019installe dans une petite ville bourgeoise de la fronti\u00e8re hongroise. La vie s\u2019\u00e9coule avec monotonie pour le soldat entre les exercices militaires, les entra\u00eenements, les rendez-vous au mess, les repas \u00e0 la caserne, les sorties, les jeux de cartes ou d\u2019\u00e9checs.\u00a0La simplicit\u00e9 r\u00e9p\u00e9titive du quotidien t\u00e9moigne de l\u2019ennui du jeune homme, pr\u00e9lude du bouleversement de la situation initiale : &laquo;&nbsp;<em>On conna\u00eet tous les visages, uniformes, chevaux, cochers, mendiants de la r\u00e9gion, on se conna\u00eet soi-m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 sati\u00e9t\u00e9&nbsp;&raquo;.\u00a0<\/em>En mai 1914, l\u2019entr\u00e9e d\u2019une jolie jeune femme dans une p\u00e2tisserie le distrait subitement. Il s\u2019agit d\u2019Ilona, la ni\u00e8ce de M. de Kekesfalva, l\u2019homme le plus riche de la contr\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par un concours de circonstance, il est invit\u00e9 la semaine suivante dans son magnifique ch\u00e2teau, mais un contretemps stupide le met en retard. Pour Zweig, il s\u2019agit clairement d\u2019une pr\u00e9monition\u00a0: &laquo;&nbsp;<em>On devrait \u00eatre superstitieux et pr\u00eater une plus grande attention aux petits signes que nous fait le destin&nbsp;&raquo;.\u00a0<\/em>Lors du somptueux d\u00eener, il retrouve la charmante Ilona \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Il fait \u00e0 peine attention \u00e0 la fille du ma\u00eetre des lieux, Edith, p\u00e2le et maladive. A l\u2019heure des valses, il est exalt\u00e9 par le beau spectacle qu\u2019il voit, et ravi danse avec de nombreuses femmes. Soudain, Hofmiller r\u00e9alise qu\u2019il a oubli\u00e9 d\u2019inviter la fille de Kekesfalva,\u00a0Il s\u2019empresse d\u2019aller la chercher dans un salon adjacent et commet l\u2019erreur d\u2019inviter cette jeune fille qui se r\u00e9v\u00e8le paralytique. Hofmiller se confond en excuses et quitte pr\u00e9cipitamment les lieux. Le lendemain, rong\u00e9 par la honte et le remord, il fait parvenir un bouquet de fleurs pour se faire pardonner. La jeune Edith lui r\u00e9pond aussit\u00f4t et l\u2019invite \u00e0 lui rendre visite. C\u2019est alors que commence ce que Zweig nomme &laquo;&nbsp;<em>le grand empoisonnement par la piti\u00e9&nbsp;&raquo;.<\/em> Apr\u00e8s plusieurs invitations \u00e0 d\u00eener et de belles soir\u00e9es, il devient rapidement un habitu\u00e9 des lieux. Il parvient \u00e0 faire rire la malade, \u00e0 gagner l\u2019amiti\u00e9 d\u2019Ilona et la reconnaissance du p\u00e8re. Il d\u00e9couvre le pouvoir que sa pr\u00e9sence apporte dans le ch\u00e2teau, tout en le faisant sortir de sa m\u00e9diocre existence\u00a0: &laquo;&nbsp;<em>Ce regard de la col\u00e8re de la jeune fille dans lequel j\u2019ai lu une souffrance d\u2019une intensit\u00e9 dont je n\u2019avais jusqu\u2019alors aucune notion avait fait \u00e9clater quelque chose en mon \u00eatre, et une chaleur m\u2019avait envahi, provoquant cette fi\u00e8vre myst\u00e9rieuse, qui m\u2019\u00e9tait aussi incompr\u00e9hensible que l\u2019est au malade sa maladie. Je me rendais seulement compte que j\u2019\u00e9tais sorti du cercle solide o\u00f9 j\u2019avais men\u00e9 jusqu\u2019alors une vie calme et tranquille et que je p\u00e9n\u00e9trais dans une zone nouvelle, passionnante et inqui\u00e9tante \u00e0 la fois, comme tout ce qui est nouveau. (\u2026) Je me rendis compte mieux que jamais du pouvoir myst\u00e9rieux que je poss\u00e9dais avec ma seule piti\u00e9&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019engrenage de la piti\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fur et \u00e0 mesure que s\u2019installe une complicit\u00e9 entre les uns et les autres, le filet se resserre autour d\u2019Hofmiller. Les jeunes filles l\u2019attendent tous les jours, puis lui offrent des cadeaux, tandis que le p\u00e8re se r\u00e9jouit de voir sa fille malade retrouver go\u00fbt \u00e0 la vie. Zweig d\u00e9crit les h\u00e9sitations et les atermoiements du soldat qui ne sait s\u2019il doit les accepter ou les refuser. Voil\u00e0 l\u2019engrenage terrible de l\u2019apitoiement qui rend faible et vuln\u00e9rable l\u2019\u00eatre qui s\u2019y soumet\u00a0: \u00e0 chaque fois qu\u2019Hofmiller prend la d\u00e9cision de prendre ses distances, \u00e0 chaque fois la piti\u00e9 le rattrape et il revient, \u00e9mu par la solitude de la jeune fille et les suppliques de son vieux p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hofmiller trouve en Condor, le m\u00e9decin viennois d\u2019Edith, un soutien et un confident. Ce dernier lui raconte l\u2019ascension sociale et financi\u00e8re de Kekesfalva \u00e0 travers la plume d\u2019un Zweig dont on savoure les talents de narrateur et de romancier. On comprend peu \u00e0 peu qu\u2019il brode son intrigue autour de la description d\u2019un &laquo;&nbsp;cas de conscience&nbsp;&raquo; en d\u00e9crivant avec finesse la psychologie de son personnage principal qui se questionne progressivement. Les fameuses &laquo;&nbsp;<em>vagues de compassion&nbsp;&raquo;<\/em>\u00a0le submergent en lui \u00f4tant tout force et toute volont\u00e9 d\u00e8s qu\u2019il cherche \u00e0 se lib\u00e9rer de l\u2019emprise du sentiment de piti\u00e9 dont il ne parvient pas \u00e0 se d\u00e9faire. Quant \u00e0 Edith, il s\u2019agit d\u2019une malade paralytique des jambes mais aussi paralytique de l\u2019\u00e2me\u00a0: g\u00e2t\u00e9e et frustr\u00e9e, elle est en proie \u00e0 des crises proches de l\u2019hyst\u00e9rie et refuse qu\u2019on la visite par piti\u00e9. Les deux cas s\u2019affrontent\u00a0: celui qui a une piti\u00e9 extr\u00eame et celle qui refuse l\u2019extr\u00eame piti\u00e9. Le sommeil, le r\u00eave, l\u2019extase, les cauchemars jalonnent le r\u00e9cit en m\u00eame temps que les visites du m\u00e9decin Condor. Il y aurait beaucoup \u00e0 dire sur l\u2019introspection quasi-psychanalytique du narrateur et sur l\u2019\u00e9tude du &laquo;&nbsp;cas Edith&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les mois passent, la complicit\u00e9 augmente entre Hofmiller et les habitants du ch\u00e2teau. Apr\u00e8s diverses p\u00e9rip\u00e9ties, \u00e9mu de piti\u00e9, il promet \u00e0 Edith qu&rsquo;elle devrait gu\u00e9rir en quelques mois gr\u00e2ce un nouveau traitement, bien qu\u2019il n\u2019en soit rien. Zweig montre admirablement bien comment un homme d\u2019honneur est capable, esclave d\u2019une piti\u00e9 gigantesque, de mentir pour ne pas d\u00e9truire les illusions d\u2019une jeune malade. Le m\u00e9decin Condor seul a la lucidit\u00e9 de le mettre en garde sur ce sentiment que le malheureux Hofmiller, livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, \u00e9prouve sans aucun discernement\u00a0: &laquo;&nbsp;<em>C&rsquo;est un sentiment \u00e0 deux tranchants que la piti\u00e9. Celui qui ne sait pas s&rsquo;en servir doit y renoncer. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au d\u00e9but que la piti\u00e9 -comme la morphine- est un bienfait pour le malade, un rem\u00e8de, un calmant, mais elle devient un poison mortel quand on ne sait pas la doser ou y mettre un frein. Les premi\u00e8res injections font du bien, elles calment, arr\u00eatent la douleur. Malheureusement l&rsquo;\u00e2me comme le corps humain poss\u00e8de une facult\u00e9 d&rsquo;adaptation extraordinaire. De m\u00eame que les nerfs r\u00e9clament une quantit\u00e9 de morphine de plus en plus grande, de m\u00eame l&rsquo;\u00e2me a besoin de plus en plus de piti\u00e9 et finalement elle en veut plus qu&rsquo;on ne peut lui en donner. Le moment vient in\u00e9vitablement o\u00f9 il faut dire &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; et ne pas se soucier si celui \u00e0 qui on le dit vous hait plus pour ce &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; que si vous aviez toujours refus\u00e9 de l&rsquo;assister. Oui, mon cher lieutenant, il faut savoir dominer sa piti\u00e9, sinon elle cause plus de d\u00e9g\u00e2t que la pire indiff\u00e9rence. Cela, nous le savons, nous autres m\u00e9decins, et les juges aussi le savent, et les huissiers et les pr\u00eateurs. S&rsquo;ils c\u00e9daient tous \u00e0 la piti\u00e9 plus rien ne marcherait. C&rsquo;est une chose dangereuse que la piti\u00e9, terriblement dangereuse ! Vous voyez vous-m\u00eames le mal qu&rsquo;a caus\u00e9 votre faiblesse&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>La piti\u00e9 tragique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H\u00e9las, le vin est tir\u00e9, il faut le boire\u00a0! Hofmiller n\u2019avait pas r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 quel point l\u2019araign\u00e9e-piti\u00e9 avait nou\u00e9 sa toile autour de lui et malgr\u00e9 lui. Au cours d\u2019une insomnie, il se prend \u00e0 relire des pages des contes des <em>Mille et une Nuits<\/em>. Il est frapp\u00e9 par l\u2019analogie du conte d\u2019un jeune homme qui, \u00e9mu de piti\u00e9 par un vieillard allong\u00e9 sur le bord du chemin, le porte sur son dos. A cet instant le vieil homme se transforme en un djinn infernal qui le chevauche et ne le quitte plus, en transformant sa vie en enfer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce roman, l\u2019auteur est artisan de son malheur, mais aussi victime de la piti\u00e9 des autres protagonistes : le p\u00e8re refuse de dire la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 sa fille par piti\u00e9, Ilona refuse de dire \u00e0 Edith qu\u2019Hofmiller ne l\u2019aime pas. La piti\u00e9 des uns et des autres devient une couverture de l\u00e2chet\u00e9 qui cache et ajourne le face \u00e0 face avec la v\u00e9rit\u00e9. Car l\u2019infirme est tomb\u00e9e amoureuse d\u2019Anton. Tyrannique et possessive, elle lui avoue ses sentiments. Il recule \u00e9pouvant\u00e9, se heurtant soudain au terrible infini qui hante la personne qui aime : <em>&laquo;&nbsp;La personne qui aime a une clairvoyance extraordinaire des sentiments de la personne aim\u00e9e et comme l&rsquo;amour, en vertu de sa nature, exige toujours l&rsquo;infini, tout ce qui est mesure, mod\u00e9ration,lui r\u00e9pugne instinctivement&nbsp;&raquo;.<\/em>\u00a0Hofmiller d\u00e9couvre avec effroi l&rsquo;impossibilit\u00e9 de cette amiti\u00e9 f\u00e9minine et des &laquo;&nbsp;<em>zones de sentiments inconnus&nbsp;&raquo; <\/em>qui habitent\u00a0la malade : <em>&laquo;&nbsp;Car en d\u00e9pit des efforts les plus adroits entre un homme sain et une malade, entre un \u00eatre libre et un prisonnier, les relations ne peuvent \u00e0 la longue rester neutres. Le malheur rend susceptible et la souffrance injuste&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0Un d\u00e9nouement pitoyable<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La rencontre d&rsquo;Edith a d\u00e9r\u00e9gl\u00e9 la vie du jeune soldat. Tourment\u00e9 par ses scrupules, il commet une faute de commandement lors d&rsquo;un exercice militaire, puis il accepte malgr\u00e9 lui de se fiancer \u00e0 la malade. On assiste en direct aux oscillations de la conscience provoqu\u00e9e par les questionnements d&rsquo;un \u00eatre\u00a0partag\u00e9. Est-ce une faute d\u2019agir par piti\u00e9\u00a0? Hofmiller appara\u00eet tant\u00f4t fort et volontaire, tant\u00f4t faible et rattrap\u00e9 par ses scrupules. Zweig propose alors une description remarquable de la piti\u00e9 v\u00e9ritable, id\u00e9e qui est le pivot de son oeuvre : &laquo;&nbsp;<em>Il y a deux sortes de piti\u00e9. L\u2019une, molle et sentimentale, qui n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019impatience du c\u0153ur de se d\u00e9barrasser le plus vite de la p\u00e9nible \u00e9motion qui vous \u00e9treint devant la souffrance d&rsquo;autrui, qui n&rsquo;est pas du tout la compassion, mais un mouvement instinctif de d\u00e9fense de l&rsquo;homme contre la souffrance \u00e9trang\u00e8re. Et l\u2019autre, la seule qui compte, la piti\u00e9 non sentimentale mais cr\u00e9atrice, qui sait ce qu&rsquo;elle veut et est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame limite des forces humaines&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Poursuivi par le spectre d&rsquo;une familiarit\u00e9 subie par piti\u00e9 et \u00e0 la perspective d&rsquo;un mariage absurde, la rencontre providentielle d&rsquo;un ancien militaire du nom de Balinkay et l&rsquo;aide de son chef vont lui permettre de quitter les lieux. Jamais il n&rsquo;a autant aspir\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9. Il n&rsquo;a pour autre solution que la fuite face \u00e0 cette femme possessive. L&rsquo;issue sera tragique pour Edith qui ne se remettra pas du d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 de son fianc\u00e9. Le m\u00e9decin Condor le lui avait pourtant pr\u00e9dit : <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est vous charger d&rsquo;une lourde, d&rsquo;une tr\u00e8s lourde responsabilit\u00e9 que de rendre quelqu&rsquo;un fou avec votre piti\u00e9 ! Un homme doit bien r\u00e9fl\u00e9chir avant de se m\u00ealer d&rsquo;une affaire comme celle-ci et savoir jusqu&rsquo;o\u00f9 il est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 aller. Il ne faut pas jouer avec les sentiments d&rsquo;autrui. (&#8230;) Ce qui importe pourtant ce n&rsquo;est pas si l&rsquo;on agit durement ou avec douceur, mais uniquement le r\u00e9sultat qu&rsquo;on obtient en fin de compte&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9cit se termine sur l&rsquo;amertume qui hante encore le vieux Hofmiller, de nombreuses ann\u00e9es apr\u00e8s. La guerre est pass\u00e9e, le temps aussi, sans pouvoir effacer jamais cette histoire o\u00f9 l&rsquo;homme en proie \u00e0 la piti\u00e9 est devenu malgr\u00e9 lui un irresponsable responsable :\u00a0<em>\u00a0&laquo;&nbsp;Mais depuis ce moment je sais qu\u2019aucune faute n\u2019est oubli\u00e9e tant que la conscience s\u2019en souvient&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sobre et poignant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">G.L.S.G., le 21 janvier 2015<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;&nbsp;M\u00eame aujourd\u2019hui, apr\u00e8s des ann\u00e9es, je n\u2019arrive pas \u00e0 fixer la limite o\u00f9 a fini ma maladresse et o\u00f9 a commenc\u00e9 ma faute.\u00a0Il est probable que je ne le saurai jamais.&nbsp;&raquo; On prend toujours le m\u00eame plaisir \u00e0 lire un&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=2892\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2894,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":""},"categories":[4],"tags":[251,2024,2022,374,2031,2020,2014,2027,2025,2021,2015,2018,2023,2030,2028,2019,2017,2029,1246,2026,2016],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/stf_stkmg_1933_fa_44_624x544.jpg?fit=422%2C544","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4lzfC-KE","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2892"}],"collection":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2892"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2892\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3810,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2892\/revisions\/3810"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2894"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2892"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2892"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2892"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}