{"id":1128,"date":"2013-12-09T00:57:16","date_gmt":"2013-12-09T00:57:16","guid":{"rendered":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.wordpress.com\/?p=1128"},"modified":"2026-02-09T00:08:24","modified_gmt":"2026-02-09T00:08:24","slug":"les-eblouissements-danna-concert-a-lambassade-de-roumanie-pour-le-lancement-de-loeuvre-poetique-complete-danna-de-noailles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?p=1128","title":{"rendered":"Les Eblouissements d&rsquo;Anna (Concert \u00e0 l&rsquo;Ambassade de Roumanie pour le lancement de l&rsquo;Oeuvre Po\u00e9tique Compl\u00e8te d&rsquo;Anna de Noailles)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"396\" height=\"500\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Peintures2FRF20197720213.jpg?resize=396%2C500\" alt=\"\" class=\"wp-image-14378\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Peintures2FRF20197720213.jpg?w=396 396w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Peintures2FRF20197720213.jpg?resize=238%2C300 238w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Peintures2FRF20197720213.jpg?resize=160%2C202 160w\" sizes=\"(max-width: 396px) 100vw, 396px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><figcaption><strong>Philip Alexius de L\u00e1szl\u00f3, <em>Portrait d&rsquo;Anna de Noailles<\/em><\/strong>, 1913, huile sur carton \u00a9Paris, mus\u00e9e d&rsquo;Orsay<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dimanche 8 d\u00e9cembre 2013, l&rsquo;Institut Culturel Roumain, l&rsquo;Ambassade de Roumanie et le Cercle Anna de Noailles ont f\u00eat\u00e9 la po\u00e9tesse Anna de Noailles dont les \u00e9ditions du Sandre viennent de publier l&rsquo;<em>Oeuvre Po\u00e9tique Compl\u00e8te<\/em>. Ce fut l&rsquo;occasion d&rsquo;assister \u00e0 un fabuleux concert organis\u00e9 par le baryton Jacques-Fran\u00e7ois L&rsquo;Oiseleur des Longchamps et pr\u00e9sent\u00e9 par Alexandre d&rsquo;Oriano, pr\u00e9sident du Cercle, &nbsp;grand admirateur et d\u00e9fenseur d&rsquo;Anna. &nbsp;L&rsquo;atmosph\u00e8re de la Salle Byzantine du Palais de B\u00e9hague r\u00e9pondait au lyrisme du th\u00e8me. Cet extraordinaire th\u00e9\u00e2tre inscrit \u00e0 l&rsquo;Inventaire Suppl\u00e9mentaire des Monuments Historiques, fait corps avec l&rsquo;h\u00f4tel fastueux dans lequel r\u00e9side l&rsquo;Ambassade de Roumanie depuis 1939.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Discours de lancement de l&rsquo;<em>Oeuvre Po\u00e9tique Compl\u00e8te<\/em>&nbsp;d&rsquo;Anna de Noailles, par Alexandre d&rsquo;Oriano,&nbsp;<\/strong><b>pr\u00e9sident du Cercle.&nbsp;<\/b><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&raquo; Ch\u00e8re Anna,<\/p>\n\n\n\n<p>&laquo;&nbsp;Inutile mais irrempla\u00e7able&nbsp;&raquo;, comme vous nous manquez ! Voil\u00e0 quatre-vingt ans pass\u00e9s depuis votre disparition du 30 avril 1933, vos fun\u00e9railles nationales \u00e0 la Madeleine, les discours \u00e9mus, votre voix \u00e9teinte\u2026et voil\u00e0 cinq ans \u00e0 peine que, c\u00e9dant \u00e0 votre <em>Appel, <\/em>et \u00e0 votre &laquo;&nbsp;ardeur&nbsp;par l&rsquo;amour intim\u00e9e, pour \u00eatre, apr\u00e8s la mort, parfois encore aim\u00e9e&nbsp;&raquo;, j&rsquo;ai recr\u00e9\u00e9 le cercle Anna de Noailles en 2008, seul et avec tous.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;autres, avant moi vous c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent, et par quelles bouches, par quels esprits : &nbsp;Henri de R\u00e9gnier, Paul Val\u00e9ry, Jean-Louis Vaudoyer, pr\u00e9sid\u00e8rent la cohorte de vos admirateurs et amis. Colette, Cocteau (qui vous d\u00e9dia m\u00eame son dernier ouvrage en 1963 : <em>La Comtesse de Noailles, Oui et Non ; <\/em>sorte de compte rendu dans le si\u00e8cle avanc\u00e9), l&rsquo;abb\u00e9 Mugnier qui inonda son <em>Journal<\/em> de vos \u00e9vocations, Charles Du Bos qui \u00e9crivit une oeuvre enti\u00e8re sur le &laquo;&nbsp;climat de votre g\u00e9nie&nbsp;&raquo;, Fernand Gregh, Proust qui vous peignit en Duchesse de R\u00e9veillon dans Jean Santeuil et avec qui vous vous livriez &nbsp;\u00e0 d&rsquo;interminables s\u00e9ances de &laquo;&nbsp;t\u00e9l\u00e9phonage&nbsp;&raquo; et de lettres alambiqu\u00e9es, Mauriac l&rsquo;enthousiaste retenu, Edmond Rostand (qui fut para\u00eet-il l&rsquo;amant d&rsquo;une nuit?), Francis Jammes, Rilke, P\u00e9guy, pour ne jeter l\u00e0 que quelques noms.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jardin sur les bords du lac L\u00e9man, \u00e0 Amphion, votre &laquo;&nbsp;coeur v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;&raquo;, fut r\u00e9alis\u00e9 en 1938 par Emilio Terry, sous l&rsquo;inspiration de Colette.<\/p>\n\n\n\n<p>Des r\u00e9citals sans nombre furent donn\u00e9s par Paderewski entre autres, l&rsquo;archange roux que vous aimiez, bien qu&rsquo;il pr\u00e9f\u00e9r\u00e2t votre m\u00e8re&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Ou \u00e9voquons encore ce Gala du 23 juin 1937, organis\u00e9 par Vaudoyer, \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, o\u00f9 Val\u00e9ry parla, &nbsp;s\u00e9duisit, envo\u00fbta, Germaine Lubin chanta, cajola, accompagn\u00e9e par Enesco, Wanda Landowska joua Mozart et l&rsquo;on finit par un ballet &laquo;&nbsp;En l&rsquo;honneur du Po\u00e8te&nbsp;&raquo; sp\u00e9cialement con\u00e7u par Lifar. Jour faste!<\/p>\n\n\n\n<p>En 1953, une grande exposition \u00e0 la Biblioth\u00e8que Nationale vous fut consacr\u00e9e, mais en 1958, la mort de votre cousin Photiad\u00e8s, qui se d\u00e9menait si bien pour vous, mit en sommeil l&rsquo;association.&nbsp;Il fallut qu&rsquo;un petit freluquet de mon genre la r\u00e9veilla cinquante ans plus tard\u2026- Remarquez tous ces chiffres ronds, on les croirait faits pour la r\u00e9clame -et pourtant tout est vrai ; apr\u00e8s tout Paul L\u00e9autaud ne vous surnommait-il pas, avec une pointe d&rsquo;envie sans doute, &laquo;&nbsp;Madame R\u00e9clamier&nbsp;&raquo; ?<\/p>\n\n\n\n<p>Que de sentiers et de campagnes, que de provinces d&rsquo;oubli, avons-nous parcouru depuis 2008 !<\/p>\n\n\n\n<p>Souvenez-vous de l&rsquo;inauguration en grande pompe \u00e0 &nbsp;l&rsquo;h\u00f4tel Regina avec la princesse Eug\u00e9nie de Brancovan, votre petite ni\u00e8ce, votre sang ; Pierre-Christian Taittinger, le maire de votre arrondissement (vous pour qui &laquo;&nbsp;le plus beau pays du monde \u00e9tait les marronniers en fleurs de l&rsquo;avenue Henri Martin&nbsp;&raquo;) et Madame Mignot-Ogliastri, l&rsquo;universitaire et pr\u00e9cieuse sp\u00e9cialiste de votre oeuvre et de votre vie.&nbsp;Oui, vraiment, cette inauguration s&rsquo;annon\u00e7ait sous les meilleurs auspices&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>En 2009, apr\u00e8s avoir nourri un harc\u00e8lement f\u00e9cond aupr\u00e8s de nombreux \u00e9diteurs, nous avions r\u00e9ussi \u00e0 imprimer&nbsp;<em>Les Innocentes, ou la sagesse des femmes<\/em>, aux \u00e9ditions Buchet-Chastel, &#8211; encore un signe : la collection a ferm\u00e9 juste apr\u00e8s, c&rsquo;\u00e9tait pour vous le dernier m\u00e9tro ma ch\u00e8re\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une belle r\u00e9ception suivit \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Gens de Lettres o\u00f9 je d\u00e9pla\u00e7ais ill\u00e9galement votre buste, arrach\u00e9 au bureau du directeur tout en pensant \u00e0 la phrase de Cocteau : <em>&laquo;&nbsp;Anna, vous voulez \u00eatre de votre vivant un buste, mais avec des jambes pour courir partout !&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Puis un concours de gravure aux Beaux-Arts, sur le th\u00e8me de votre voyage italien, expos\u00e9 ensuite \u00e0 l&rsquo;Ambassade d&rsquo;Italie, avec un livre encore, puis deux, puis trois, presque un par ann\u00e9e &#8211; plus ou moins bien suivis par la presse : Messieurs les journalistes haut les mains !<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un pi\u00e9destal peu \u00e0 peu remont\u00e9, redor\u00e9, pour atteindre aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;intense et \u00e9tincelante publication des <em>Oeuvres po\u00e9tiques compl\u00e8tes<\/em>. Il est vrai que nous avions invit\u00e9 Guillaume Zorgbib, le fondateur des \u00e9ditions du Sandre, d\u00e8s la r\u00e9ception inaugurale &#8211; il faut soigner ses chevaux de course ! Et votre lyrique victoire est remport\u00e9e cette ann\u00e9e !&nbsp;Pour les quatre-vingt ans de votre mort, vous vous offrez une parcelle d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 dans la fourmillante activit\u00e9 des libraires de France.<\/p>\n\n\n\n<p>A ce propos, vous qui aimez les lectures, je ne r\u00e9siste pas \u00e0 la tentation de vous citer un extrait de ce cher Balzac, provenant des <em>Illusions perdues&nbsp;<\/em>et r\u00e9sumant jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours toute la frilosit\u00e9 des \u00e9diteurs et autres gens de lettres ; il y est question d&rsquo;un fameux libraire de la <em>Com\u00e9die Humaine&nbsp;<\/em>: &laquo;&nbsp;Doriat se tourna vers Gabusson par un mouvement digne de Talma : &#8211; Gabusson, mon ami, \u00e0 compter d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, quiconque viendra ici pour me proposer des manuscrits, entendez-vous \u00e7a, vous autres ?, dit-il en s&rsquo;adressant \u00e0 trois commis qui sortirent de dessous les piles de livres \u00e0 la voix col\u00e9rique de leur patron, qui regardait ses ongles et sa main &#8211; qu&rsquo;il avait belle. A quiconque m&rsquo;apportera des manuscrits, vous demanderez si c&rsquo;est des vers ou de la prose. En cas de vers, cong\u00e9diez-le aussit\u00f4t. Les vers d\u00e9voreront la librairie !&nbsp;&raquo;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au milieu des Doriat contemporains, s&rsquo;est cach\u00e9e la perle bondissante des \u00e9ditions du Sandre et c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le moment d&rsquo;en ouvrir l&rsquo;\u00e9crin&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Adieu ch\u00e8re Anna, adieu, et plein de bonnes choses \u00e0 votre panth\u00e9on, je finis en citant vos propres paroles et votre ultime d\u00e9sir :<\/p>\n\n\n\n<p><em>&laquo;&nbsp;(\u2026) Qu&rsquo;un jeune homme, alors, lisant ce que j&rsquo;\u00e9cris,<\/em><br><em>Sentant par moi son coeur \u00e9mu, troubl\u00e9, surpris,&nbsp;<\/em><br><em>Ayant tout oubli\u00e9 des \u00e9pouses r\u00e9elles,<\/em><br><em>M&rsquo;accueille dans son \u00e2me et me pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 elles&#8230;&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Concert&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le concert qui a suivi cette introduction lyrique a rendu vivants les vers de la po\u00e9tesse gr\u00e2ce \u00e0 la voix de satin de la soprano Andreea Soare, la voix de velours de la soprano Sabine Revault d&rsquo;Allonnes, la voix de taffetas de la grande mezzo-soprano roumaine Viorica Cortez et la voix de soie de Jacques-Fran\u00e7ois L&rsquo;Oiseleur des Longchamps, accompagn\u00e9s au piano par l&rsquo;\u00e9tincelante Axia Marinescu. Le programme se d\u00e9voilait en \u00e9blouissements successifs, en jouant sur la gamme des sentiments et des \u00e9motions d&rsquo;Anna de Noailles. Apr\u00e8s avoir assailli les compositeurs, habit\u00e9 les interpr\u00e8tes, sa po\u00e9sie remporta l&rsquo;enthousiasme des spectateurs. Une mention sp\u00e9ciale pour le si \u00e9mouvant <em>Jeunesse<\/em> de Patrick de Lauri\u00e8re et pour le duo &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai tant r\u00eav\u00e9 par vous&nbsp;&raquo; cr\u00e9\u00e9 par Patrick Loiseleur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques de La Presle (1888-1969)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ardeur<\/em> (\u00e0 Camille Maurane)<\/p>\n\n\n\n<p>Rire ou pleurer, mais que le coeur<br>Soit plein de parfums comme un vase,<br>Et contienne jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extase<br>La force vive ou la langueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Avoir la douleur ou la joie,<br>Pourvu que le coeur soit profond<br>Comme un arbre o\u00f9 des ailes font<br>Trembler le feuillage qui ploie ;<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;en aller pensant ou r\u00eavant,<br>Mais que le coeur donne sa s\u00e8ve<br>Et que l&rsquo;\u00e2me chante et se l\u00e8ve<br>Comme une vague dans le vent.<\/p>\n\n\n\n<p>Que le coeur s&rsquo;\u00e9claire ou se voile,<br>Qu&rsquo;il soit sombre ou vif tour \u00e0 tour,<br>Mais que son ombre et que son jour<br>Aient le soleil ou les \u00e9toiles&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il fera longtemps clair<\/em> (\u00e0 Camille Maurane)<\/p>\n\n\n\n<p>Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,<br>La rumeur du jour vif se disperse et s&rsquo;enfuit,<br>Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,<br>Demeurent \u00e9veill\u00e9s dans le soir blanc, et songent&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Les marronniers, sur l&rsquo;air plein d&rsquo;or et de lourdeur,<br>R\u00e9pandent leurs parfums et semblent les \u00e9tendre ;<br>On n&rsquo;ose pas marcher ni remuer l&rsquo;air tendre<br>De peur de d\u00e9ranger le sommeil des odeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>De lointains roulements arrivent de la ville&#8230;<br>La poussi\u00e8re, qu&rsquo;un peu de brise soulevait,<br>Quittant l&rsquo;arbre mouvant et las qu&rsquo;elle rev\u00eat,<br>Redescend doucement sur les chemins tranquilles.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons tous les jours l&rsquo;habitude de voir<br>Cette route si simple et si souvent suivie,<br>Et pourtant quelque chose est chang\u00e9 dans la vie,<br>Nous n&rsquo;aurons plus jamais notre \u00e2me de ce soir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Emile Naoumoff (1962)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>O lumineux matin<\/em> (cr\u00e9ation)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00d4 lumineux matin, jeunesse des journ\u00e9es,<br>Matin d&rsquo;or, bourdonnant et vif comme un frelon,<br>Qui piques chaudement la nature, \u00e9tonn\u00e9e<br>De te revoir apr\u00e8s un temps de nuit si long ;<\/p>\n\n\n\n<p>Matin, f\u00eate de l&rsquo;herbe et des bonnes ros\u00e9es,<br>Rire du vent agile, oeil du jour curieux,<br>Qui regardes les fleurs, par la nuit repos\u00e9es,<br>Dans les buissons luisants s&rsquo;ouvrir comme des yeux ;<\/p>\n\n\n\n<p>Heure de bel espoir qui s&rsquo;\u00e9bat dans l&rsquo;air vierge<br>Emm\u00ealant les vapeurs, les souffles, les rayons,<br>O\u00f9 les coteaux herbeux, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;aube blanche \u00e9merge,<br>Sous les tr\u00e8fles touffus font chanter leurs grillons ;<\/p>\n\n\n\n<p>Belle heure, o\u00f9 tout mouill\u00e9 d&rsquo;avoir bu l&rsquo;eau vivante,<br>Le frissonnant soleil que la mer a baign\u00e9<br>\u00c9veille brusquement dans les branches mouvantes<br>Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,<\/p>\n\n\n\n<p>Instant salubre et clair, \u00f4 fra\u00eeche renaissance,<br>Gai divertissement des gu\u00eapes sur le thym,<br>&#8211; Tu \u00e9cartes la mort, les ombres, le silence,<br>L&rsquo;orage, la fatigue et la peur, cher matin&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Joseph B\u00e9esau (1871-1940)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le jardin et la maison<\/em> (\u00e0 mon ami Charles Massabiau)<\/p>\n\n\n\n<p>Voici l&rsquo;heure o\u00f9 le pr\u00e9, les arbres et les fleurs<br>Dans l&rsquo;air dolent et doux soupirent leurs odeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les baies du lierre obscur o\u00f9 l&rsquo;ombre se recueille<br>Sentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles,<\/p>\n\n\n\n<p>Le jet d&rsquo;eau du jardin, qui monte et redescend,<br>Fait dans le bassin clair son bruit rafra\u00eechissant ;<\/p>\n\n\n\n<p>La paisible maison respire au jour qui baisse<br>Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Le feuillage qui boit les vapeurs de l&rsquo;\u00e9tang<br>Lass\u00e9 des feux du jour s&rsquo;apaise et se d\u00e9tend.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Peu \u00e0 peu la maison entr&rsquo;ouvre ses fen\u00eatres<br>O\u00f9 tout le soir vivant et parfum\u00e9 p\u00e9n\u00e8tre,<\/p>\n\n\n\n<p>Et comme elle, pench\u00e9 sur l&rsquo;horizon, mon coeur<br>S&#8217;emplit d&rsquo;ombre, de paix, de r\u00eave et de fra\u00eecheur&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les plaintes d&rsquo;Ariane<\/em> ( \u00e0 mon ami le marquis de Heere)<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent qui fait tomber les prunes,<br>Les coings verts,<br>Qui fait vaciller la lune,<br>Le vent qui m\u00e8ne la mer,<\/p>\n\n\n\n<p>Le vent qui rompt et qui saccage,<br>Le vent froid,<br>Qu&rsquo;il vienne et qu&rsquo;il fasse rage<br>Sur mon coeur en d\u00e9sarroi!<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;il vienne comme dans les feuilles<br>Le vent clair<br>Sur mon coeur, et qu&rsquo;il le cueille<br>Mon coeur et son suc amer.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah! qu&rsquo;elle vienne la temp\u00eate<br>Bond par bond,<br>Qu&rsquo;elle prenne dans ma t\u00eate<br>Ma douleur qui tourne en rond.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah! qu&rsquo;elle vienne, et qu&rsquo;elle emporte<br>Se sauvant,<br>Mon coeur lourd comme une porte<br>Qui s&rsquo;ouvre et bat dans le vent.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;elle l&#8217;emporte et qu&rsquo;elle en jette<br>Les morceaux<br>Vers la lune, \u00e0 l&rsquo;arbre, aux b\u00eates,<br>Dans l&rsquo;air, dans l&rsquo;ombre, dans l&rsquo;eau,<\/p>\n\n\n\n<p>Pour que plus rien ne me revienne<br>A jamais,<br>De mon \u00e2me et de la sienne<br>Que j&rsquo;aimais&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Louis Vierne (1870-1937)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quatre po\u00e8mes grecs (pour Madeleine Richepin et Solange Jean-Renie)<\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; Offrande \u00e0 Pan<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cette tasse de bois, noire comme un p\u00e9pin,<br>O\u00f9 j\u2019ai su, d\u2019une lame insinuante et dure<br>Sculpter habilement la feuille du raisin<br>Avec son pli, ses n\u0153uds, sa vrille et sa frisure,<\/p>\n\n\n\n<p>Je la consacre \u00e0 Pan, en souvenir du jour<br>O\u00f9 le berger Damis m\u2019arrachant cette tasse<br>Apr\u00e8s que j\u2019y eus bu vint y boire \u00e0 son tour<br>En riant de me voir rougir de son audace.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne sachant o\u00f9 trouver l\u2019autel du dieu cornu,<br>Je laisse mon offrande au creux de cette roche,<br>&#8211; Mais maintenant mon c\u0153ur a le go\u00fbt continu<br>D\u2019un baiser plus profond, plus durable et plus proche\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; Offrande \u00e0 Kypris<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Clart\u00e9 du temps! Kypris au sourire innombrable,<br>Je t&rsquo;offre, afin qu&rsquo;au bras du berger aujourd&rsquo;hui<br>Je demeure joyeuse, ardente et d\u00e9sirable,<br>Ma lampe, confidente aimable de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Vois, je t&rsquo;apporte aussi ces herbes odorantes.<br>La sauge humide o\u00f9 boit l&rsquo;abeille dans l&rsquo;\u00e9t\u00e9,<br>Et le cerfeuil, plus frais aux mains que l&rsquo;eau courante,<br>M\u00ealeront leurs parfums d&rsquo;onde et de crudit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon sein est pu\u00e9ril mais mon coeur est farouche;<br>Dam\u00e9tas le sait bien \u00e0 l&rsquo;heure de l&rsquo;accord,<br>Car la fl\u00fbte est moins vive et chaude sur sa bouche<br>Que ne l&rsquo;est mon baiser qui s&rsquo;appuie et qui mord.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soleil de midi couch\u00e9 dans la luzerne<br>S&rsquo;abat moins lourdement sur la plaine et les champs,<br>Que ne p\u00e8se l&rsquo;amour sur les corps qu&rsquo;il gouverne<br>De son d\u00e9sir jaloux et de ses jeux m\u00e9chants.<\/p>\n\n\n\n<p>La paix des jours l\u00e9gers et doux s&rsquo;en est all\u00e9e.<br>\u00d4 V\u00e9nus Cypria, qui naquis de la mer,<br>Je t&rsquo;offre, \u00e0 toi qui prends plaisir aux eaux sal\u00e9es,<br>Les larmes de ma joue et de mon coeur amer.<\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; Le repos<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le plaisir mystique et pa\u00efen,<br>L&rsquo;amour, la beaut\u00e9, le d\u00e9sir<br>Ont fait plus de mal que de bien<br>A mon \u00e2me qui s&rsquo;en revient<br>Lasse d&rsquo;aimer et de souffrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Allez, mon \u00e2me inassouvie,<br>Dormir dans l&rsquo;ombre le grand somme,<br>Ayant r\u00eav\u00e9, par triste envie,<br>La joie au del\u00e0 de la vie,<br>Et l&rsquo;amour au-dessus des hommes&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><em> &#8211; Chanson pour avril<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Toute la nuit la pluie l\u00e9g\u00e8re<br>A gliss\u00e9 par jets et par bonds.<br>Viens respirer au bois profond<br>L&rsquo;odeur de la verdure am\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ton coeur est triste, morne et las,<br>Comme la naissante journ\u00e9e.<br>Elle sera bient\u00f4t fan\u00e9e,<br>L&rsquo;amoureuse odeur des lilas.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00e2me apitoy\u00e9e<br>Sent pleurer son vague tourment.<br>Viens \u00e9couter l&rsquo;\u00e9gouttement<br>Des feuilles mortes et mouill\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adolphe Borchard (1882-1967)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; Soir basque <\/em>(\u00e0 Madame Lilbun)<\/p>\n\n\n\n<p>Le soir est un silence odorant, rose et clair,<br>L&rsquo;astre s&rsquo;incline.<br>Un bambou languissant et amoureux de l&rsquo;air<br>Sur la colline<\/p>\n\n\n\n<p>Des chevriers s&rsquo;en vont pr\u00e8s d&rsquo;un torrent en fleur<br>Fin de journ\u00e9e!<br>Un puits luit ; Betharam s&rsquo;endort dans la chaleur<br>Des Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>De Lourdes aux belles eaux flotte un mystique appel<br>Sur la campagne ;<br>Mais tout le soir r\u00e9pond au soupir sensuel<br>Qui vient d&rsquo;Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Max d&rsquo;Ollonne (1875-1959)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Jeunesse <\/em>(\u00e0 Mademoiselle Lise Charny)<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant tu t&rsquo;en iras un jour de moi, Jeunesse,<br>Tu t&rsquo;en iras, tenant l&rsquo;Amour entre tes bras,<br>Je souffrirai, je pleurerai, tu t&rsquo;en iras,<br>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que plus rien de toi ne m&rsquo;apparaisse !<\/p>\n\n\n\n<p>La bouche pleine d&rsquo;ombre et les yeux pleins de cris,<br>Je te rappellerai d&rsquo;une clameur si forte,<br>Que, pour ne plus m&rsquo;entendre appeler de la sorte,<br>La Mort entre ses mains prendra mon c\u0153ur meurtri.<\/p>\n\n\n\n<p>Pauvre Amour, triste et beau, serait-ce bien possible<br>Que vous ayant aim\u00e9 d&rsquo;un si profond souci<br>On p\u00fbt encor marcher sur le chemin durci<br>O\u00f9 l&rsquo;ombre de nos pieds ne sera plus visible ?<\/p>\n\n\n\n<p>Revoir sans vous l&rsquo;\u00e9veil douloureux du printemps,<br>Les dimanches de mars, l&rsquo;orgue de Barbarie,<br>La foule heureuse, l&rsquo;air dor\u00e9, le jour qui crie,<br>La musique d&rsquo;ardeur qu&rsquo; Yseult dit \u00e0 Tristan !<\/p>\n\n\n\n<p>Sans vous, conna\u00eetre encor le bruit sourd des voyages,<br>Le sifflement des trains, leur h\u00e2te et leur arr\u00eat,<br>Comme au temps juv\u00e9nile, abondant et secret<br>O\u00f9 dans vos yeux clign\u00e9s riaient des paysages.<\/p>\n\n\n\n<p>Et quand l&rsquo;automne roux effeuille les charmilles<br>O\u00f9 s&rsquo;asseyait le soir l&rsquo;amante de Rousseau,<br>\u00catre une vieille, avec sa laine et son fuseau,<br>Qui s&rsquo;irrite et qui jette un sort aux jeunes filles&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ah ! Jeunesse, qu&rsquo;un jour vous ne soyez plus l\u00e0,<br>Vous, vos r\u00eaves, vos pleurs, vos rires et vos roses,<br>Les Plaisirs et l&rsquo;Amour vous tenant, &#8211; quelle chose,<br>Pour ceux qui n&rsquo;ont vraiment d\u00e9sir\u00e9 que cela !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Patrick Loiseleur (1975)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>J&rsquo;ai tant r\u00eav\u00e9 par vous <\/em>(cr\u00e9ation)<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai tant r\u00eav\u00e9 par vous, et d&rsquo;un coeur si prodigue,<br>Qu&rsquo;il m&rsquo;a fallu vous vaincre ainsi qu&rsquo;en un combat;<br>J&rsquo;ai construit ma raison comme on fait une digue,<br>Pour que l&rsquo;eau de la mer ne m&rsquo;envahisse pas.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais tant confondu votre aspect et le monde,<br>Les senteurs que l&rsquo;espace \u00e9changeait avec vous,<br>Que, dans ma solitude \u00e9parse et vagabonde,<br>J&rsquo;ai partout retrouv\u00e9 vos mains et vos genoux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous voyais pareil \u00e0 la neuve campagne,<br>R\u00e9ticente et gonfl\u00e9e au mois de mars; pareil<br>Au lis, dans le sermon divin sur la montagne;<br>Pareil \u00e0 ces soirs clairs qui tombent du soleil;<\/p>\n\n\n\n<p>Pareil au groupe \u00e9troit de l&rsquo;agneau et du p\u00e2tre,<br>Et vos yeux, o\u00f9 le temps fl\u00e2ne et semble en retard,<br>M&rsquo;enveloppaient ainsi que ces vapeurs bleu\u00e2tres<br>Qui s&rsquo;\u00e9chappent des bois comme un plus long regard.<\/p>\n\n\n\n<p>Si j&rsquo;avais, chaque fois que la douleur s&rsquo;exhale,<br>Ajout\u00e9 quelque pierre \u00e0 quelque monument,<br>Mon amour monterait comme une cath\u00e9drale<br>Compacte, transparente, o\u00f9 Dieu luit par moment.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, quand vous viendrez, je serai triste et sage,<br>Je me tairai, je veux, les yeux larges ouverts,<br>Regarder quel \u00e9clat a votre vrai visage,<br>Et si vous ressemblez \u00e0 ce que j&rsquo;ai souffert\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Andr\u00e9 Marquiset (1900-1981)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Enfance dans la Savoie<\/em> (\u00e0 ma grand-m\u00e8re la Baronne de Laumont)<\/p>\n\n\n\n<p>Il a plu cette nuit, une na\u00efve odeur parfume le ciel gris<br>Un voile d&rsquo;eau charmante,<br>Sur les vergers emplis de songe et de candeur<br>Jette sa transparente et vaporeuse mante.<br>Il fait \u00e0 peine jour l&rsquo;\u00e9troite ville dort<br>Et j&rsquo;entends cependant que des ruisseaux d&rsquo;air<br>Glissent avec un bruit de porcelaine et d&rsquo;or<br>Une cloche sonner l\u00e0-bas chez les clarisses.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le repos <\/em> (\u00e0 Mademoiselle Nadia Boulanger)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Marcel Delannoy (1898-1962)<br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les plaintes d&rsquo;Ariane <\/em>(\u00e0 Marcelle G\u00e9rard)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Henri Dutilleux (1916-2013)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Regards sur l&rsquo;infini<\/em> (\u00e0 Charles et Magdeleine Panz\u00e9ra)<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la mort succ\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;ennui<br>M&rsquo;accordera sa secourable nuit<br>Douce au souhait que j&rsquo;eus de cesser d&rsquo;\u00eatre,<br>Je veux qu&rsquo;en paix l&rsquo;on ouvre la fen\u00eatre<br>Sur ce morceau de ciel o\u00f9 mon regard<br>A tant pri\u00e9 l&rsquo;injurieux hasard<br>De m&rsquo;\u00e9pargner dans les joies ou les peines<br>Dont j&rsquo;ai connu la suffocante haleine.<br>\u2026Qu&rsquo;\u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s se reposent mes mains,<br>Calmes ainsi que les sages \u00e9toiles,<br>Et sur mon front que l&rsquo;on abaisse un voile,<br>Pour l&rsquo;honneur d\u00fb aux visages humains&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Patrick de Lauri\u00e8re (1928-2010)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Jeunesse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Camille Saint-Sa\u00ebns (1835-1921)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Violons dans le soir<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quand le soir est venu, que tout est calme enfin<br>Dans la chaude nature,<br>Voici que na\u00eet sous l\u2019arbre et sous le ciel divin<br>La plus vive torture.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les graviers d\u2019argent, dans les bois apais\u00e9s,<br>Des violons s\u2019exaltent.<br>Ce sont des jets de cris, de sanglots, de baisers,<br>Sans contrainte et sans halte.<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble que l\u2019archet se cabre, qu\u2019il se tord<br>Sur les luisantes cordes,<br>Tant ce sont des appels de plaisir et de mort<br>Et de mis\u00e9ricorde.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le br\u00fblant archet enroul\u00e9 de langueur<br>G\u00e9mit, souffre, caresse,<br>Poignard voluptueux qui p\u00e9n\u00e8tre le coeur<br>D\u2019une \u00e9puisante ivresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Archets, soyez maudits pour vos br\u00fblants accords,<br>Pour votre \u00e2me explosive,<br>Fers rouges qui dans l\u2019ombre arrachez \u00e0 nos corps<br>Des lambeaux de chair vive !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GLSG<\/strong>, le 9 d\u00e9cembre 2013<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dimanche 8 d\u00e9cembre 2013, l&rsquo;Institut Culturel Roumain, l&rsquo;Ambassade de Roumanie et le Cercle Anna de Noailles ont f\u00eat\u00e9 la po\u00e9tesse Anna de Noailles dont les \u00e9ditions du Sandre viennent de publier l&rsquo;Oeuvre Po\u00e9tique Compl\u00e8te. 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