{"id":15243,"date":"2019-02-28T17:13:00","date_gmt":"2019-02-28T17:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?page_id=15243"},"modified":"2024-06-03T23:37:36","modified_gmt":"2024-06-03T23:37:36","slug":"des-extremes-larmes-a-lextreme-sourire-la-vierge-a-lenfant-de-marianne-stokes","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?page_id=15243","title":{"rendered":"Des extr\u00eames larmes \u00e0 l\u2019extr\u00eame sourire : la Vierge \u00e0 l\u2019Enfant de Marianne Stokes"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><em>Ni les crises iconoclastes, ni les guerres de religion, ni le mat\u00e9rialisme, ni l\u2019ath\u00e9isme, ni le vandalisme, ni l\u2019abstraction n\u2019ont fait dispara\u00eetre de l\u2019histoire des arts le sourire de la Vierge.\u00a0<strong>Arch\u00e9type de la Gr\u00e2ce, mod\u00e8le myst\u00e9rieux de f\u00e9minit\u00e9, le visage sacr\u00e9 de la Madone traverse les si\u00e8cles, ne lassant jamais les artistes en qu\u00eate d\u2019inspiration.<\/strong>\u00a0La beaut\u00e9 de la Vierge, entre sourires et larmes, se dresse avec p\u00e9rennit\u00e9, toujours la m\u00eame et toujours autre, \u00e0 l\u2019image de la\u00a0<\/em>Vierge \u00e0 l\u2019Enfant<em>\u00a0de l\u2019artiste Marianne Stokes (1855-1927) dat\u00e9e du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.\u00a0<\/em><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"766\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?resize=766%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-15246\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?resize=766%2C1024 766w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?resize=224%2C300 224w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?resize=768%2C1027 768w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?resize=560%2C749 560w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?resize=160%2C214 160w, https:\/\/i1.wp.com\/laplumedeloiseaulyre.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Marianne_Stokes_Madonna_and_Child-1.jpg?w=896 896w\" sizes=\"(max-width: 766px) 100vw, 766px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Marianne Stokes (1855-1927)&nbsp;<em>Vierge \u00e0 l\u2019Enfant<\/em><\/strong>, entre 1907 et 1908, tempera \u00a9 Wolverhampton Art Gallery<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Artiste d\u2019origine autrichienne, Marianne Stokes effectue une partie de sa carri\u00e8re \u00e0 Paris o\u00f9 elle rencontre les peintres Pascal Dagnan-Bouveret et Eug\u00e8ne Burnand.<\/strong>&nbsp;En 1884, elle se marie avec le peintre anglais Adrian Stokes et expose ses \u0153uvres en Angleterre, produisant plusieurs tableaux religieux souvent inspir\u00e9s par les Primitifs italiens mais aussi par le folklore de l\u2019Europe de l\u2019Est.&nbsp;<strong>Elle voyage avec son \u00e9poux en Italie et en Croatie o\u00f9 elle observe les cultures locales en consignant soigneusement ses impressions au moyen de notes et de dessins, reproduisant des paysages, des portraits pris sur le vif et des motifs de textiles qui ont tr\u00e8s probablement influenc\u00e9 les entrelacs dor\u00e9s de la robe de la Vierge.<\/strong>&nbsp;Dans la gloire de sa maternit\u00e9 aur\u00e9ol\u00e9e, la Madone tient l\u2019Enfant-J\u00e9sus qu\u2019elle pr\u00e9sente en souriant au spectateur. La frontalit\u00e9 presque hi\u00e9ratique de l\u2019\u0153uvre est att\u00e9nu\u00e9e par les courbes des draperies et la suavit\u00e9 des traits des personnages.&nbsp;<strong>La figure est souriante mais le spectateur voit d\u00e9j\u00e0 en arri\u00e8re-plan le bleu t\u00e9n\u00e9breux de la nuit du Calvaire&nbsp;; il voit les ronces annonciatrices des douleurs \u00e0 venir&nbsp;; il voit les grandes ombelles qui se balancent comme des presciences de couronnes d\u2019\u00e9pines&nbsp;; il voit le manteau rouge-sang qui la couvre comme une Annonciation de Passion.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au romancier Stendhal que nous devons cette phrase&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Les larmes sont l\u2019extr\u00eame sourire&nbsp;&raquo;<\/em>.&nbsp;<strong>Nul ne sait s\u2019il songeait \u00e0 la Vierge en \u00e9crivant ces mots mais ils r\u00e9sument singuli\u00e8rement les vertus de celle qui unit aux larmes de la&nbsp;<em>Mater Dolorosa<\/em>, le sourire de la&nbsp;<em>Causa Nostra Laetitia<\/em>, comme Marianne Stokes r\u00e9unit la lumi\u00e8re et les t\u00e9n\u00e8bres dans sa&nbsp;<em>Vierge \u00e0 l\u2019Enfant<\/em>.<\/strong>&nbsp;Nous devinons implicitement dans le sourire de Marie le tressaillement de l\u2019Annonciation, l\u2019enthousiasme de la Visitation, l\u2019\u00e9merveillement de la Nativit\u00e9 avec en contrepoint les douleurs annonc\u00e9es par Sim\u00e9on&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>et \u00e0 toi-m\u00eame une \u00e9p\u00e9e te transpercera l\u2019\u00e2me, afin que les pens\u00e9es de beaucoup de c\u0153urs soient d\u00e9voil\u00e9es&nbsp;&raquo;<\/em>&nbsp;(Luc, 2-35).&nbsp;<strong>Cette perp\u00e9tuelle oscillation entre l\u2019extr\u00eame joie contenue et l\u2019extr\u00eame souffrance est le paradoxe surprenant qui est au centre de toute image mariale<\/strong>. Il n\u2019est pourtant pas source de conflit&nbsp;: au contraire il r\u00e9sout de fa\u00e7on inattendue l\u2019impossible mariage de deux \u00e9motions antagonistes, celle des larmes de la douleur existentielle et celle de la joie de l\u2019Amour victorieux.<\/p>\n\n\n\n<p>La repr\u00e9sentation de la Vierge devient alors un fabuleux signe mall\u00e9able pour l\u2019artiste en lui offrant des perspectives illimit\u00e9es.&nbsp;<strong>En effet, le corps marial est un creuset o\u00f9 se fondent parfaitement la chair et l\u2019esprit, le sourire et les larmes comme deux \u00e9l\u00e9ments-clefs qui engendrent le mod\u00e8le formel de Notre Dame de telle sorte qu\u2019elle est imm\u00e9diatement reconnaissable dans une foule d\u2019images diverses<\/strong>.<em>&nbsp;&laquo;&nbsp;Pont qui unit la terre au Ciel&nbsp;&raquo;,<\/em>&nbsp;elle attire le divin vers l\u2019humain par son acquiescement \u00e0 l\u2019Incarnation et hisse l\u2019humanit\u00e9 vers Dieu par sa participation active \u00e0 la R\u00e9demption.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le sourire marial n\u2019est pas le sourire surnaturel des d\u00e9esses antiques Isis et D\u00e9m\u00e9ter, ni le sourire naturel de la Joconde<\/strong>&nbsp;: il est celui d\u2019une femme aussi rare qu\u2019incomparable. Aussi quelle ne fut pas la joie de l\u2019Ange Gabriel quand il re\u00e7ut le consentement unique de la &laquo;&nbsp;<em>Combl\u00e9e de Gr\u00e2ces&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>! Il pouvait revenir porter \u00e0 Dieu le&nbsp;<em>Fiat<\/em>&nbsp;de Marie, et lui annoncer que, dans le terrible froid du monde, le Fils de l\u2019Homme aurait dans le sein br\u00fblant de la Vierge un foyer sacr\u00e9 sur lequel toujours sa t\u00eate pourrait reposer.<\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color\"><strong>\u00a9GLSG<\/strong>, article publi\u00e9 dans la\u00a0rubrique\u00a0Art et Foi, in\u00a0<em>Chemin d\u2019\u00c9ternit\u00e9, Revue du Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon<\/em>, n\u00b0291, Mars\/Avril\u00a02019, pp.26-27.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ni les crises iconoclastes, ni les guerres de religion, ni le mat\u00e9rialisme, ni l\u2019ath\u00e9isme, ni le vandalisme, ni l\u2019abstraction n\u2019ont fait dispara\u00eetre de l\u2019histoire des arts le sourire de la Vierge.\u00a0Arch\u00e9type de la Gr\u00e2ce, mod\u00e8le myst\u00e9rieux de f\u00e9minit\u00e9, le visage&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/?page_id=15243\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15247,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"spay_email":""},"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/P4lzfC-3XR","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/15243"}],"collection":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15243"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/15243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15707,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/15243\/revisions\/15707"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15247"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/laplumedeloiseaulyre.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}