Escale à Casablanca

Etrange,mystérieux,merveilleux pays que le Maroc,entre mer et soleil!Des allées d’agaves et de palmiers s’étendent avec paresse,ponctuées de haies de plumbagos,de bougainvillées et d’hibiscus s’enchevêtrant sur les murs des habitations.

Un chat passe.

La circulation sur les routes est chaotique.Les voitures voilées de poussière klaxonnent et font fi des priorités.L’air est embrumé par un horizon si stable qu’il semble que l’azur se soit à tout jamais cimenté dans le paysage.Les cieux marocains déclinent tous les bleus en déployant des tons clairs se métamorphosant en velours céleste soutenu jusqu’au bleu lapis-lazuli.Les palmiers se balancent toujours le long des rue frémissantes, tandis que le regard est guidé vers un autre palmier,celui de pierre, le minaret de la gigantesque mosquée Hassan II bâtie sur l’abyme de l’océan.Il affronte, hiératique et imperturbable les remous des flots.Ici règne un mélange de raffinement et d’âpreté souriante.Ville-port,Casablanca déploie ses voiles en chérissant l’idée de liberté tout en gardant jalousement ses enfants,fils et filles d’Allah, dans son sein de mère généreuse.

Un chat passe.

Les chats sont sans doute les habitants les plus libres de la cité.Ils hantent les rues,les jardins et les passages comme des fantômes fauves aux moustaches vibrant de lumière.Ici, le rapport à la vie est guidé par la volonté divine, le fameux Inch´Allah qui ponctue toutes les phrases. Flâneries, douces errances dans les dédales des ruelles en écoutant la paresse de l’atmosphère jusqu’au Rick´s café (http://www.rickscaf.ma).Le célèbre bar immortalisé par le film de Bogart et Bergman.C’est aujourd’hui un lieu pour touristes que les locaux considèrent avec un peu de mépris amusé. Il faudrait évoquer les boutiques, les échoppe, les épiceries, les taxis rouges conduits par des bavards, les « boui-boui »obscurs,les bars où ne s’attablent jamais que des hommes jouant aux cartes et regardant l’existence se glisser dans les mouvements des passants.Que de contrastes entre les habitations et les habitants souvent très riches ou très pauvres. L’escale a duré trois jours.Il reste encore tant à faire et à voir.Laissons à Delacroix la conclusion de ces bribes fugitives, lui qui sut si bien saisir l’âme des fils et filles du Maroc: « Nous nous apercevons de mille choses qui manquent à ces gens-ci.Leur ignorance fait leur calme et leur bonheur;nous-mêmes,sommes-nous à bout de ce qu’une civilisation plus avancée peut produire? Ils sont plus près de la nature de mille manières: leurs habits,la forme de leurs souliers.Aussi la beauté s’unit à tout ce qu’ils font.Nous autres,dans nos corsets,nos souliers étroits,nos gaines ridicules,nous faisons pitié.La grâce se venge de notre science.« (Tanger,28 avril 1832)

Un chat passe…

G.L.S.G., Casablanca, le 15 novembre 2013.

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