Berceuse de l’oubli (L’Oiseau-Lyre)

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Berceuse de l’oubli

Je vous rends la fleur de souci qui s’est fanée,
Je suis en grande mélancolie du malheur
De n’avoir pas su vivante la conserver :
Sonnent les fantômes du tocsin des douleurs.

Clos à tout jamais les rideaux purs du miroir,
Ma fenêtre joyeuse ne sourira plus
Tant que dureront les reflets durs du mouroir
Des absences où le silence a soudain chu.

Que je ne retienne rien des mondes appris!
Dans les bras épais de la mémoire éteinte
Endormez mon cœur à la berceuse d’oublis
Et dites que ci-git ma pensée défunte.