Avenue Mozart (L’Oiseau-Lyre)

Avenue Mozart

Paris vendange nos cœurs Avenue Mozart,
Nous avons cédé nos lèvres à son calice
Paris cueille en grappes nos corps, il se fait tard,
Fasse que jamais nos baisers ne se finissent !

Prends le raisin dans la corbeille de ma bouche,
Désaltère-moi, o ta ménade assoiffée !
Je désire le puits de ta gorge farouche
Où nos langues se noient sans jamais succomber.

Doré ton regard que reflète la pénombre,
Forts tes bras bien-aimés que pacifie mon sein,
La nuit de ton œil pleure après notre tocsin
Comme l’aube gémit de ne connaître l’ombre.

Nous avons pavé de renoncements la rue,
Entre toi et moi la grande allée sans hasard,
Prenez-moi la main mais ne me dites plus « tu »,
Paris vendange nos cœurs Avenue Mozart.