Le tombeau de la muse (L’Oiseau-Lyre)

Le Tombeau de la Muse, GLSG, aquarelle, encre, crayon, 40x30 cm

Le Tombeau de la Muse,  aquarelle, encre, crayon, 40×30 cm ©Gabrielle de Lassus Saint-Geniès

Tombeau de la muse

En quel printemps de douleur s’est hissé le soleil?
Vengeur, il a criblé ma vie d’aubes sans repos
Tournant en ce cœur tissé le rouet des sanglots,
Refermant là mes lèvres et scellant mes oreilles.

Ma chevelure étarquée par le froid de janvier
S’escarboucle en éclats tyranniques de verglas.
Je ne crois plus au soleil que prédit l’étranger
Mais à l’astre lointain que nul jamais n’atteindra.

J’aurais voulu être la pilote infatigable
À qui suffisent  les sept voilures de la force,
Mais je saigne à l’arrière d’un gouvernail instable
Comme une proue de vertiges face au gouffre atroce.

En silence avec son amour la muse est morte,
Sur sa tombe lunaire on ne lit nulle gravure,
On ne voit nulle couronne et nulle ramure,
Il n’est plus de poètes pour lui faire une escorte.

Gabrielle de Lassus Saint-Geniès

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