Le Gerfaut (L’Oiseau-Lyre)

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                       Le Gerfaut

Gerfaut reclus dans la cage des hommes
Vois-tu comme ton âme te libère
En sa solitude qui t’abandonne
Les clefs pour te délier de tes fers ?

Incompris, terrible, fatal gerfaut
Tu soumets pourtant le cosmos entier,
L’ordre du sablier et de la faux
Sous tes griffes que coupa le geôlier.

Mais demain son langage aura vieilli,
Les syllabes du monde rouilleront
Mortes comme un alphabet désappris,
Salives répugnantes de poison.

Tu auras toujours la chaîne du piège
Nouée à ton poing d’éternel captif
Gerfaut familier des sortilèges,
Obstiné par l’horizon créatif.

Tu franchiras des couloirs d’adversaires,
L’ombre nue du parloir silencieux,
Pauvre gerfaut qui n’est nécessaire
Qu’à la prison sans chaîne des cieux.

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